POLITIQUE
19/10/2015 05:13 EDT | Actualisé 19/10/2015 08:39 EDT

Élections fédérales 2015: Le Québec contre le niqab: des électeurs votent masqués ou voilés

Des électeurs se sont présentés lundi dans plusieurs bureaux de vote masqués ou voilés pour protester contre l'autorisation récente du port du niqab par les femmes lors des cérémonies d'assermentation à la citoyenneté canadienne.

A Saint-Hubert, en banlieue sud de Montréal, Catherine Leclerc est arrivée, la tête et le haut du corps enveloppé dans un voile intégral (niqab) noir afin d'accomplir son devoir civique à son bureau de vote.

"Ce symbole du niqab, ce n'est pas un symbole religieux, c'est un symbole politique, un symbole d'oppression de la femme que l'on ne devrait pas tolérer dans une société égalitaire", a-t-elle déclaré à sa sortie.

Comme cette jeune femme, de nombreux Québécois ont voté aux législatives canadiennes avec soit un sac de pommes de terre sur la tête, soit un masque de soudeur ou d'autres accoutrements cachant leur visage.

Le mois dernier, la question du port du niqab avait enflammé la campagne électorale quand la justice avait autorisé une ressortissante pakistanaise de Toronto à porter le voile intégral pour prêter serment et obtenir la nationalité canadienne.

Le gouvernement conservateur avait promis en cas de victoire aux législatives de légiférer pour obliger les candidates à la citoyenneté de prêter serment la tête nue.

Le social-démocrate Thomas Mulcair avait accusé le chef du gouvernement de vouloir diviser la société. Justin Trudeau, candidat du parti libéral, avait estimé que ce n'était pas à l'Etat de juger comment "une femme doit s'habiller" en se réfugiant derrière la Charte des droits et libertés du Canada.

En portant le niqab pour voter, "mon but est de dénoncer l'inégalité entre homme et femme que l'on accepte parfois au Canada", a ajouté Catherine Leclerc devant les caméras.

Pour Martine, la cinquantaine, "les femmes se sont battues au Québec pour être libres". En portant le niqab, ces femmes montrent qu'elles "sont soumises, et c'est contre nos valeurs", a-t-elle déclaré à l'AFP.