NOUVELLES
17/10/2015 22:00 EDT | Actualisé 17/10/2016 01:12 EDT

Suisse: élections pour renouveler les deux chambres du parlement

Les Suisses choisissent dimanche leurs élus aux deux chambres du parlement de la Confédération, un scrutin où la question de l'immigration a constitué leur première préoccupation.

Le vote par correspondance, adopté par la plupart des électeurs, était ouvert depuis deux semaines. Les bureaux de vote ne sont accessibles que dans la matinée dimanche et le scrutin est clos à midi (10H00 GMT), les premières tendances sont attendues vers 15H00 (13H00 GMT).

Les questions de l'asile et de l'immigration constituent la "première priorité" à traiter pour 46% des sondés par l'institut gfs.bern, loin devant les relations avec l'Union européenne, seconde priorité pour seulement 7% des sondés.

"Nous voulons une immigration contrôlée et de bonnes conditions d'hébergement pour ceux que nous recevons. Pas question de surcharger les finances publiques et le budget social en ouvrant toutes grandes les frontières, quand tant de jeunes ici restent sur le carreau", résume Roger Golay, élu sortant candidat à Genève où il préside le MCG, le Mouvement des citoyens genevois, une petite formation de la droite populiste qui entretient des relations avec le Front national, l'extrême-droite française.

Le MCG se place en pointe dans les campagnes contre les frontaliers français qui travaillent en Suisse.

Selon les sondages, les partis de droite, les libéraux du parti libéral radical (PLR-16,9% des intentions de vote) et les populistes de l'Union démocratique du centre (UDC-28% des intentions de vote), premier parti de Suisse, devraient, selon les sondages, sortir renforcés par ce scrutin.

Le deuxième parti du pays, le parti socialiste (PS), arriverait à se maintenir avec 19,3% des intentions de vote.

Les petits partis du centre et les verts-libéraux payent ce virage à droite, ils devraient perdre des voix et des sièges.

Pour sa campagne, l'UDC qui s'est choisi comme slogan "rester libres", n'a pas hésité à recourir aux photos montages avec des photos de femmes en burka ou de quelqu'un qui brule un drapeau suisse, avec pour légende "Islam Bientôt chez nous?".

L'affiche la plus radicale revient aussi à l'UDC du Valais avec une caricature de jihadiste portant un brassard UE, sur fond le drapeau de l'Union européenne, qui s'apprête à décapiter une jeune blonde baillonée vêtue d'un drapeau suisse à l'aide d'un cimeterre sur lequel est inscrit "accord institutionnel". "Gardez la tête sur les épaules", clame l'affiche "votez pour la liste UDC".

Moins de la moitié des électeurs devraient se mobiliser pour ce scrutin. Les Suisses, adeptes de la démocratie semi-directe, sont plus nombreux à voter (plus de 60%) chaque trimestre pour les votations où on leur demande leur avis sur des projets portés par des initiatives populaires ou parfois sur des projets sans majorité ni consensus au parlement.

La spécificité de la démocratie suisse reste ce multipartisme qui permet à sept partis d'être représentés parmi les 200 élus à la proportionelle dans chaque Canton pour le Conseil National, la chambre basse.

- 'Votez femmes' -

Cinq partis cohabitent au gouvernement qui compte sept ministres au total. Cette cohabitation particulière au sein de l'exécutif obéit à ce qui a été baptisé "la formule magique", une répartition des portefeuilles entre les partis.

Toutes les décisions font l'objet de compromis et de consensus grâce à des majorités à géométrie variable selon les sujets.

Alors que trois femmes siègent au gouvernement avec quatre hommes et que l'une d'elle, la ministre de la justice et de la police Simonetta Sommaruga, assure cette année la présidence tournante de la Confédération, les femmes s'inquiètent de leur sous-représentation. Elles ont soutenu une campagne "Votez femmes" qui est restée plutôt inaperçue.

La part des candidates sur les listes pour le Conseil National n'a pas évolué depuis vingt ans, elle est en moyenne de 34,5%, avec quelques écarts selon le conservatisme des Cantons.

"Je suis interloquée par la manière dont je suis traitée par les médias. On pose aux hommes des questions de fond et moi, on me demande comment je vais faire pour siéger en ayant un enfant! En somme comme jeune femme on attend de nous d'être mainstream et de ne surtout pas oser lever la tête", s'est récemment indignée la PLR de Berne Claudine Esseiva.

"Cela ne m'était jamais arrivé", déplore cette politicienne chevronnée.

pjt/jr

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!