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18/10/2015 06:47 EDT | Actualisé 18/10/2016 01:12 EDT

Premières élections législatives en Égypte depuis la destitution de Morsi

LE CAIRE — Les Égyptiens ont été convoqués aux urnes, dimanche, dans le cadre des premières élections parlementaires depuis la destitution de l'ex-président Mohamed Morsi et l'élection de leur nouveau dirigeant, le général Abdel Fattah al-Sissi. Tout indique que la nouvelle chambre de députés sera plutôt favorable aux politiques du président.

L'ancien chef militaire devenu président avait orchestré l'expulsion de son prédécesseur. Depuis qu'il a pris le pouvoir il y a 16 mois, il a lancé une vaste campagne pour relancer l'économie du pays et pour lutter contre les islamistes — tout en faisant taire l'opposition au pays.

M. Sissi est resté vague sur ses convictions démocratiques, préférant se concentrer sur le «besoin vital» des Égyptiens à s'unir pour assurer la sécurité au pays et faire face aux défis économiques.

La sécurité a d'ailleurs été resserrée pour les élections alors que les autorités craignent une attaque islamiste. Des milliers de policiers et de soldats parcouraient les rues en tenue de combat.

Dans un bureau de scrutin à Imbaba, un ancien bastion des islamistes, des dizaines de soldats montaient la garde et des mitrailleuses avaient été placées derrière des sacs de sable. À Gizeh, les électeurs devaient subir une fouille avant de pouvoir voter et leurs sacs devaient rester à l'extérieur.

Il semblait y avoir mot d'ordre parmi les Égyptiens qui se rendaient voter aux premières heures: garder les islamistes hors de la chambre. Certains disent avoir opté pour le vote stratégique pour poursuivre cet objectif.

L'ancien président Morsi était issu des Frères musulmans, un groupe islamiste qui est maintenant interdit et considéré comme un groupe terroriste en Égypte. La confrérie, qui disposait d'un bassin d'électeurs organisés et disciplinés, avait remporté toutes les élections depuis la destitution du président Hosni Moubarak, en 2011, jusqu'à celle de Mohamed Morsi, en juillet 2013.

Les élections législatives actuelles sont les premières auxquelles ce groupe ne participera pas depuis les années 1980. Certains prédisent d'ailleurs que le taux de participation s'en ressentira.

Le parti salafiste Al-Nour, un parti ultraconservateur islamiste qui avait appuyé la destitution de leur ancien allié, le président Morsi, apparaîtra toutefois sur le bulletin de vote des Égyptiens. Les salafistes avaient gagné environ le quart du vote populaire lors des dernières élections parlementaires, en 2011 et 2012.

Les élections égyptiennes sont réparties sur plusieurs semaines. Les Égyptiens résidant à l'étranger ont commencé à voter samedi et pourront continuer dimanche, qui est le premier des deux jours d'élection dans 14 provinces égyptiennes, qui comprend les villes de Giseh et d'Alexandrie. Environ 27 des 54 millions d'électeurs résident dans les 15 provinces dont le vote a lieu dimanche.

Les habitants des 13 provinces restantes, dont la capitale, Le Caire, se rendront aux urnes le 22 et le 23 novembre prochains. Chaque élection sera suivie de second tour.

Les résultats finaux des élections des 596 députés seront annoncées au début du mois de décembre.

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