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18/10/2015 07:13 EDT | Actualisé 18/10/2016 01:12 EDT

Mondial-2015 - Pays de Galles: le réservoir était vide

Séduisant et digne représentant de l'hémisphère nord, le pays de Galles a rendu les armes à la fin de son quart de finale face à l'Afrique du Sud (23-19), avant tout rincé physiquement et victime de l'accumulation des blessures.

Cette 74e minute samedi à Twickenham va hanter pour longtemps le XV du Poireau. C'est à ce moment qu'il a craqué, perdant tour à tour son guide Dan Biggar, une des révélations du tournoi que personne n'attendait à ce niveau, puis l'axe de poussée de cette mêlée à 15 mètres de sa ligne débouchant sur l'essai assassin de Fourie du Preez, bien lancé par une passe chistera grandiose de Duane Vermeulen.

Tout s'est donc effondré sur un détail pour les hommes de Warren Gatland, à la limite physique depuis un petit moment à force de subir les coups de boutoir des Boks.

Samedi, les plus forts ont gagné, peut-être pas les meilleurs. Telle pourrait être la moralité de ce quart au suspense monumental, comme cela avait déjà été le cas face aux Australiens, très réalistes (victoire 15-6) et à la défense héroïque il y a une semaine.

Pour la beauté du jeu et l'art de la création, pour cet essai de Gareth Davies venu en conclusion d'une inspiration géniale de Biggar, voir les Gallois éliminés est un crève-coeur en comparaison du jeu stéréotypé proposé par les Sud-Africains, qui a fini par payer.

-"Vidé les tripes"-

Jusque-là, les Gallois avaient surmonté les embuches, avec des blessures et des forfaits à répétition dans les lignes arrières (Leigh Halfpenny, Rhys Webb avant le Mondial, puis Cory Allen, Scott et Liam Williams, Hallam Amos) qui ont fini par affaiblir les Dragons. lls avaient franchi l'écueil de la "poule de la mort" aux dépens des Anglais notamment, avant d'échouer sur la dernière haie, faute de réserves.

"Les gars se sont vidé les tripes, mais on n'avait pas ce qu'il fallait pour tenir pendant 80 minutes", résume ainsi Gatland. L'Afrique du Sud a été fidèle à elle-même. La dimension physique l'a donc emporté sur le reste, ce sera une des leçons à méditer de ce tournoi pour Gatland et son encadrement, "dévastés" par ce cruel dénouement.

Valeureux gallois, que leur reprocher sachant qu'ils ont tout donné, n'ont jamais triché? Peut-être cette défaite contre l'Australie (15-6) lors de leur dernier match de poules, alors qu'ils ont évolué pendant 7 minutes en double supériorité numérique et qui aurait pu leur offrir l'Écosse en quarts plutôt que les doubles champions du monde sud-africains.

-Avenir souriant-

L'abattement samedi soir était général. Ils ont rivalisé avec les Boks comme ils l'avaient fait face aux Wallabies, ils sont passés à côté de quelque chose par indiscipline aussi, avec des fautes souvent inutiles et gratuites.

Une récurrence. Il y a une semaine, les hommes de Michael Cheika en avaient profité (5 pénalités de Foley), ceux de Heyneke Meyer en ont fait de même (4 pénalités de Pollard entre les 9e et 21e).

Cette génération, née lors de l'édition 2011 (demi-finaliste), va perdre quelques rares cadres (Gethin Jenkins), mais l'ossature demeure. Les Gallois peuvent voir loin et espérer rivaliser avec les Sudistes au Japon en 2019.

"La plupart de nos jeunes joueurs doivent encore apprendre à jouer à ce niveau d'intensité. Ils sont un peu discrets sur le terrain et à l'entraînement, mais c'est très bien pour nous d'avoir acquis cette profondeur d'effectif pour les années à venir", se projette Gatland.

rap/pga/tba

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