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18/10/2015 10:47 EDT | Actualisé 18/10/2016 01:12 EDT

Merkel en Turquie, laquelle salue une "meilleure approche" de l'UE sur les migrants

La chancelière allemande Angela Merkel s'est entretenue dimanche à Istanbul avec son homologue turc Ahmet Davutoglu, qui a salué la "meilleure approche" de l'UE en matière d'accueil des migrants alors que des centaines continuent d'arriver en Slovénie après la fermeture de la frontière hongro-croate.

"Malheureusement, la Turquie a été laissée seule par la communauté internationale pour supporter ce fardeau (des réfugiés). Nous sommes satisfaits qu'ils aient une meilleure approche maintenant. Le progrès constaté en matière de partage (de ce fardeau) est très important", a déclaré M. Davutoglu lors d'une conférence de presse commune avec Mme Merkel au palais de Dolmabahçe, sur les bords du Bosphore.

Mme Merkel, qui doit quitter Istanbul dans la soirée, s'est ensuite entretenue avec le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan.

Le sujet principal de sa visite est le "plan d'action" annoncé jeudi par l'Union européenne pour amener Ankara à agir pour tarir le flux de migrants, notamment ceux fuyant la guerre en Syrie, en les gardant sur son territoire.

Mais la Turquie, qui accueille déjà plus de deux millions de réfugiés, fait monter les enchères, qualifiant ce plan de simple "projet" au budget "inacceptable", et estimant avoir besoin d'au moins trois milliards d'euros pour la première année.

La chancelière allemande a regretté "le peu d'aide international reçue par la Turquie pour sa contribution immense" à la crise des réfugiés.

Dans ce contexte, Mme Merkel et M. Davutoglu se sont en outre inquiétés d'une "nouvelle vague" de réfugiés syriens de la région d'Alep, située à la frontière avec la Turquie, où les forces du régime syrien avancent.

L'UE veut qu'Ankara accueille davantage de réfugiés et renforce la surveillance des frontières en échange de moyens, de la relance des discussions sur sa candidature à l'UE, et d'un accès facilité aux visas.

Mme Merkel a ainsi affirmé à Istanbul que le chapitre 17 (politique économique et monétaire) de l'acquis communautaire pourrait être ouvert, sans autre information.

"Si l'Allemagne et la Turquie ne parviennent pas à un accord, aucune autre solution n'est en vue et la migration de masse de Syriens et d'autres vers l'UE va continuer", relève le centre d'analyse European Stability Initiative dans une note consacrée à la visite de Mme Merkel.

- Des milliers de migrants en Slovénie -

L'UE a vu arriver depuis le début de l'année des centaines de milliers de migrants, la plupart visant à s'établir en Allemagne et en Europe du Nord. Et les capitales européennes se sont montrées jusqu'ici incapables de trouver des solutions concertées pour gérer les flux migratoires.

Depuis samedi, c'est via la Slovénie que les migrants prennent la route de l'Autriche et de l'Allemagne par milliers, la Hongrie ayant fermé sa frontière avec la Croatie.

Un milliers d'Afghans, de Syriens et d'Irakiens notamment ont déjà été pris en charge dans la journée de samedi et dans la nuit par les autorités autrichiennes à partir du poste-frontière de Spielfed.

Un train avec à son bord plus de 1.000 migrants attendait dimanche dans le nord de la Croatie de se diriger vers la Slovénie alors que 3.000 autres avaient franchi samedi la frontière.

"Jusqu'à présent, la situation, est sous contrôle", a déclaré dimanche un porte-parole du ministère slovène de l'intérieur, Bostjan Sefic, qui a cependant admis que le pays ne pouvait accueillir plus de 1,500 personnes par jour.

En Allemagne, la politique de Mme Merkel a pris un coup avec l'agression au couteau de la candidate à la mairie de Cologne Henriette Reker, une indépendante soutenue par la CDU de la chancelière, qui a été grièvement blessée au cou.

Selon la police, cette attaque "politique" a été commise par un individu qui a reconnu ses motivations "racistes" contre une femme chargée à la mairie de l'accueil des réfugiés.

La victime est l'un des deux favoris du scrutin de dimanche, qui a été maintenu.

Le fait que le suspect ait été proche des milieux d'extrême droite dans les années 1990, selon la presse, semble conforter les craintes des autorités qui depuis plusieurs semaines évoquaient le risque d'un "terrorisme d'extrême droite" en raison de l'afflux de réfugiés.

Le discours de la mouvance populiste n'a cessé de se radicaliser à mesure que les réfugiés arrivaient en Allemagne, où de 800.000 à un million de demandeurs d'asile sont attendus cette année.

Lundi, pour son premier anniversaire, le mouvement islamophobe Pegida prévoit une grande marche dans son fief de Dresde.

La classe politique a dès lors mis la lutte contre l'extrême droite, responsable aussi de dizaines d'attaques depuis le début de l'année contre des foyers de réfugiés, en tête des priorités.

Mais des voix plus nombreuses s'élèvent aussi pour fermer les frontières, une mesure que Mme Merkel a rejetée à plusieurs reprises en la qualifiant de "fausse solution".

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