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18/10/2015 00:45 EDT | Actualisé 17/10/2016 01:12 EDT

Le président chinois en visite d'Etat pour consacrer une "ère dorée" avec le Royaume-Uni

Le président chinois Xi Jinping débute mardi une visite d'Etat de quatre jours au Royaume-Uni, où la question des droits de l'Homme devrait être éclipsée par des relations économiques fructueuses favorables à une "ère dorée" entre les deux pays.

Un géant asiatique aux poches pleines et aux ambitions internationales d'un côté et une place-forte financière avide d'investissements de l'autre: la relation sino-britannique a beaucoup de la "love story".

Cependant, le Prince Charles, qui entretient des rapports contrariés avec les dirigeants chinois, ne sera pas au banquet officiel donné par la reine Elizabeth. Le dirigeant travailliste de gauche Jeremy Corbyn pourrait lui reprocher à M. Xi le traitement infligé aux dissidents et la censure des médias en Chine.

Mais ces questions devraient être secondaires face au tapis rouge déroulé sous les pieds du président chinois, qui sera gratifié d'une promenade en carrosse jusqu'à Buckingham Palace, d'un accueil très chaleureux du Premier ministre conservateur David Cameron et des honneurs de Westminster où il s'adressera au Parlement.

La signature d'accords économiques et culturels est attendue et M. Xi sera entouré d'une cohorte d'officiels, de financiers et de dirigeants d'entreprises, parmi lesquels pourrait figurer le fondateur du géant chinois de l'e-commerce Alibaba, Jack Ma.

Au final, cette visite d'Etat, la première depuis dix ans, consacre "une ère dorée des relations", jubilent les responsables des deux pays.

"Nous encourageons l'investissement et la Chine investit davantage en Grande-Bretagne que dans les autres pays européens", se félicite M. Cameron, tandis que l'ambassadeur de Chine à Londres, Liu Xiaoming, assure en écho que le Royaume-Uni "est en train de devenir le leader en Europe et dans tout l'Occident", concernant les relations avec son pays.

D'après le professeur d'économie Ivan Tselichtchev, spécialiste de l'Asie, c'est parce que "le Royaume-Uni est le seul pays européen qui montre une réelle volonté politique d'attirer +l'argent chinois+ dans des projets d'infrastructure. Plus largement, il valorise sa relation économique avec Pékin peut-être davantage que n'importe quel autre pays développé".

Fonds souverains, entreprises d'Etat et consortium privés chinois achètent des firmes britanniques ou des terrains, créent des coentreprises avec des partenaires locaux, voire se lancent seuls sur l'île, tête de pont pour un développement européen ultérieur.

Michael Gestrin, économiste à l'OCDE, calcule que les Chinois y ont financé quelque 70 milliards de dollars de fusions et acquisitions depuis 2008. "Le Royaume-Uni est la principale destination des investissements chinois depuis dix ans", Hong Kong excepté, souligne-t-il.

- Puissance financière de Londres -

Quelques acquisitions ont frappé sur le plan symbolique, comme celle du constructeur des taxis de Londres, mais c'est dans les infrastructures qu'elles sont les plus importantes.

Les Chinois pourraient ainsi y investir quelque 105 milliards de livres (141 milliards d'euros) entre 2015 et 2025, notamment dans l'énergie, l'immobilier et les transports, rappelle Danae Kyriakopoulou, du Centre for Economics and Business Research de Londres et co-auteure d'un rapport sur le sujet.

"L'investissement dans les infrastructures est présenté comme l'une des principales priorités politiques au vu du déficit du Royaume-Uni dû à un sous-investissement chronique", explique-t-elle. "Les régions du nord sont attirantes", car les besoins y sont criants et les Chinois déjà présents. Ils ont par exemple contribué au développement de l'aéroport de Manchester d'où M. Xi repartira vendredi - après avoir visité le club de football de Manchester City.

Signe des besoins britanniques concernant les transports, le ministre des Finances George Osborne a récemment lancé depuis la Chine, deuxième fournisseur de la Grande-Bretagne, un gigantesque appel d'offres pour des travaux préparatoires d'une ligne ferroviaire à grande vitesse qui relierait à terme Londres au nord de l'Angleterre.

C'est toutefois dans l'énergie nucléaire qu'un accord majeur pourrait être signé cette semaine - si les partenaires chinois du français EDF acceptent de s'engager dans la construction de la centrale de Hinkley Point C, dans le sud-ouest.

Au-delà, Pékin pourrait profiter de cette visite pour avancer ses pions sur le puissant échiquier financier londonien, tremplin idéal pour son ambition d'internationaliser sa monnaie, le renminbi.

Parmi les accords éventuels évoqués sur le plan financier figurent le lancement de la première émission de dette souveraine chinoise en renminbi à Londres et une entente avec la plate-forme du London Metal Exchange autour du projet chinois de nouvelle "Route de la soie" à travers l'Asie.

pn/oaa/coc

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