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18/10/2015 14:46 EDT | Actualisé 18/10/2016 01:12 EDT

Henriette Reker, le visage de l'accueil des réfugiés à Cologne

Henriette Reker, 58 ans, gravement blessée samedi par un agresseur aux motivations "racistes", incarne la politique d'accueil des réfugiés dans la ville allemande de Cologne dont elle a été élue maire dimanche dès le premier tour.

Au lendemain de la grave agression dont elle a été victime alors qu'elle faisait campagne sur un marché, la candidate soutenue par la CDU d'Angela Merkel a obtenu plus de 52% des voix, loin devant son rival social-démocrate. Sa victoire dans la quatrième ville allemande représente un petit séisme, Cologne étant tenue traditionnellement par les sociaux-démocrates.

Selon ses médecins, elle devrait pouvoir se remettre sans séquelles de sa blessure au cou, et donc assurer les fonctions de maire.

Le quotidien allemand Die Welt décrit une femme droite qui a fait réimprimer toutes ses affiches de campagne parce que les éditeurs photo avaient effacé les rides de son visage. "Je veux être authentique", a expliqué cette juriste de formation, mince et volontiers souriante.

Epouse d'un professeur de golf australien, elle a fait l'essentiel de sa carrière dans différentes administrations avant d'entrer à la mairie de Cologne en 2000 pour s'occuper des questions sociales et de santé.

En 2010, elle prend la tête de son service actuel qui gère notamment l'intégration des étrangers et l'accueil des réfugiés dans une ville qui compte une importante communauté musulmane.

C'est à la faveur du début de la crise migratoire en 2014 puis de l'afflux massif de migrants en Allemagne en 2015 qu'elle s'est retrouvée sous les projecteurs des médias locaux.

Car c'est elle qui a dû organiser l'accueil en urgence de milliers de migrants au terme de leur périple européen alors que la ville n'avait pas l'infrastructure nécessaire. Elle met alors à disposition les salles de sports, un marché couvert et d'autres bâtiments pour que tous les arrivants aient un toit.

"Cologne est une ville en pleine croissance avec un problème de logement. La plus grande priorité en ce moment est de faire en sorte que personne ne dorme sous les ponts", soulignait-t-elle en mars dans l'hebdomadaire Die Zeit.

Cologne a logé de janvier à septembre près de 8.000 demandeurs d'asile, alors que son infrastructure n'est prévue que pour 65 personnes par mois.

"Le nombre a été multiplié par 10 dans un laps de temps très court (...) nous aurions pu être mieux préparés, peut être aurions-nous dû l'être", a-t-elle reconnu dans le même entretien.

En pleine campagne, elle a encore défendu sa volonté de tout faire pour accueillir les réfugiés arrivant à Cologne, un peu à la manière de la chancelière Angela Merkel dont la politique de la porte ouverte lui vaut mille critiques, jusque dans son propre camp de la CDU.

"Quand je parle des réfugiés, je ne veux pas relier ça à des mesures coercitives, à une charge, mais à un potentiel, à une chance", a-t-elle écrit sur son site internet, en réponse aux critiques du maire social-démocrate.

Inconnue sur la scène politique nationale jusqu'à son agression au couteau samedi par un individu ayant par le passé milité dans un groupe néo-nazi, cette experte de la gestion administrative des zones urbaines s'est toujours posée en indépendante.

Outre le soutien de la CDU, Mme Reker a pu compter sur l'appui des libéraux du FDP et des écologistes, qui l'ont soutenue pour qu'elle obtienne ses fonctions actuelles. Elle "appartient à la famille verte", estimait en décembre 2014 un responsable de ce parti, Kirsten Jahn.

Mme Reker souligne ,elle, être née et avoir grandi dans la sociale-démocratie, mais s'être fixée pour objectif de changer la manière dont la ville est gouvernée depuis des années.

"Il s'agit pour moi de faire passer la meilleure idée, peu importe de quel parti elle provient", soulignait-elle dans le journal local express.de

En tête de ses priorités, elle liste la construction de logements abordables, des moyens de transports écologiques et plus d'espaces culturels et artistiques.

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