POLITIQUE
17/10/2015 02:13 EDT | Actualisé 17/10/2015 11:18 EDT

Le « Bloc canadien » n'est pas un ami du Québec, répète Gilles Duceppe (ENTREVUE/VIDÉO)

SEPT-ÎLES, Qc – À deux jours du jour J, qui pourrait être décisif pour l’avenir du Bloc québécois, le chef Gilles Duceppe ne manque pas d’écorcher les trois principaux partis qui ne sont pas des « amis » du Québec selon lui.

« Un gars comme Mulcair, c’est un avocat d’Alliance Québec qui luttait contre la loi 101. Ce n’est pas un ami du Québec. Trudeau ne reconnaît pas le droit du Québec à l’autodétermination. Ce n’est pas un ami du Québec », a-t-il énuméré.

« Harper, non plus, mais ça, on le sait. »

Duceppe, qui croit finir la campagne avec « le vent dans le dos », est persuadé que les Québécois réalisent que le Bloc se distingue des trois autres partis.

« Je pense que les gens ont réalisé que les trois partis – que j’appelle le « Bloc canadien » - logeaient la même enseigne sur une foule de sujets. »

Le chef bloquiste pense avoir prouvé son point lors des deux débats télévisés en français, à Radio-Canada et à TVA. Il estime avoir marqué des points en dénonçant le double discours du NPD sur le projet Énergie Est et en se prononçant contre le niqab.

Il avait aussi profité de ces occasions pour accuser ses adversaires de vouloir piger dans la caisse d’assurance-emploi.

« Je pense que les gens ont réalisé que c’est bien différent entre ce que le Bloc dit et ce que les trois autres disent », compare Duceppe.

Harper, qui espère faire des gains au Québec, a maintes fois répété que « les valeurs conservatrices sont des valeurs québécoises ». Une affirmation que le chef bloquiste trouve absurde.

« Il faudrait savoir de quelles valeurs québécoises dont il parle. S’il parle de traverser nos rivières et notre fleuve avec ce projet de TransCanada, je pense qu’il est très loin des valeurs que les Québécois ont envers l’environnement », a-t-il lancé en point de presse.

« Et puis cet amour inconsidéré de la monarchie quand on remplace des toiles de Pellan par des beaux portraits d’Elizabeth, je pense que c’est assez loin des Québécois et des Québécoises. »

S’assurer une relève

Gilles Duceppe ne se fait pas d’illusions : il ne pourra pas toujours venir à la rescousse du Bloc québécois.

Le parti compte le plus grand pourcentage de candidats de 30 ans et moins au Québec, dans le but avoué d’assurer une « relève indépendantiste ».

« Ça prend une relève, c’est sûr. Il faut qu’il y ait une relève, répète-t-il. On vieillit tous… »

Duceppe dit qu’il a rattrapé les quatre dernières années « en peu de temps » après son retour précipité au Bloc. C’est donc en vitesse qu’il a appris à connaître ses nouveaux candidats.

« On partait avec le vent dans la face, il fallait mettre les bouchées doubles. On m’a demandé au début juin de mener, vous comprendrez que ça change une vie un peu. »

Le chef bloquiste est revenu au parti par « conviction », dit-il, mais aussi parce que c’était sa « responsabilité ». Les gens lui disaient qu’aucun autre que lui ne pouvait mener cette longue campagne à terme.

Même si elle est presque terminée, Duceppe refuse de dresser un bilan de sa septième campagne électorale en tant que chef du Bloc québécois.

Il se dit confiant qu’il aura une « bonne délégation » de bloquistes pour s’assurer une balance du pouvoir dans un gouvernement minoritaire, le 19 octobre.

En cas contraire, démissionnera-t-il, comme il l’a fait en 2011? « J’ai quitté parce que je n’ai pas eu d’autre choix, répond-il. Mais cette fois, je gagnerai. Alors quand tu gagnes, tu restes, c’est aussi simple que ça. »

D’autres moments de l’entrevue du HuffPost…

Les réfugiés syriens

Dans un premier temps, le Canada devrait en accueillir 10 000 avant la fin de l’année. Par la suite, le Parlement aura le temps de siéger, de discuter pour voir s’il y a des nouvelles avenues qu’on doit prendre, si on doit nommer un commissaire aux réfugiés? On peut regarder plus options. Mais il importe d’accueillir un premier 10 000 rapidement.

L’aide médicale à mourir

Je pense que c’est une question de santé publique, comme l’a dit la Cour suprême. Il faut qu’on agisse vite et qu’on règle ça. Au Québec, on a réglé la question de façon non partisane. On a été exemplaires et l’Assemblée nationale a appuyé la loi 52 de façon unanime.

La loi sur la prostitution

Il faut regarder ça de façon très attentive. Ce n’est pas un métier d’avenir, il n’y a personne qui souhaite que ses enfants se prostituent. Mais elle existe. Il serait intéressant qu’il y ait une bonne discussion sereine, comme ça a été le cas sur Mourir dans la dignité, pour voir ce qui est le mieux et comment éviter que les gens tombent dans la prostitution. Il ne faut pas en faire une question bêtement partisane. Je pense que cette question est très complexe.

La marijuana

Nous, on pense que ce serait mieux de la décriminaliser, comme l’a fait le Colorado ou le Portugal. Maintenant, dans le cadre de la légalisation de la marijuana, on propose de créer un comité pancanadien afin d’écouter les experts, les forces policières et les jeunes aussi. Il y a bien des endroits où il est plus facile d’acheter de la marijuana que de la bière ou des cigarettes. Il faut voir les conséquences sur la santé, aussi. Je pense qu’il faut sortir le crime organisé. L’État pourrait prendre cet argent et investir cet argent contre la toxicomanie et dans des programmes sociaux d’aide aux jeunes, entre autres.

L’autodétermination du peuple palestinien

Ça prend deux États. Il faut que les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies soient respectées par Israël, ce qui n’est pas fait. Il faut d’autre part s’opposer au terrorisme et à des groupes, tel le Hamas, qui quant à moi n’est pas un parti démocratique. Il faut que la Palestine soit reconnue comme la réelle autorité des Palestiniens. Il n’y a pas d’autre solution que la solution négociée sur la base de deux États égaux.

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