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17/10/2015 11:11 EDT | Actualisé 17/10/2016 01:12 EDT

La coalition saoudienne au Yémen tue par erreur 20 soldats du gouvernement

SANAA, Yémen — La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite qui lutte contre les Houthis rebelles du Yémen ont frappé par erreur un camp militaire progouvernemental, tuant au moins 20 combattants et en blessant 20 autres, ont rapporté samedi des responsables de la sécurité.

Les combattants venaient tout juste d'enlever le campement aux Houthis lorsque les frappes aériennes fratricides ont eu lieu, dans la province de Taiz. Selon un responsable progouvernemental, la coalition croyait que les Houthis s'y trouvaient toujours.

Des commandants des troupes au sol se sont souvent plaints de la lenteur des communications avec les chefs militaires à Riyad, ont ajouté les sources, qui se sont confiées à l'Associated Press sous le couvert de l'anonymat.

Une guerre au Yémen oppose les Houthis chiites et des unités armées alliées aux forces loyales au gouvernement internationalement reconnu et soutenu par la coalition saoudienne. Des séparatistes du sud du pays sont également avec elles.

Les frappes aériennes de la coalition ont tué 13 combattants houthis dans la province désertique de Jawf, samedi. Ces frappes font partie d'une opération visant à prendre le contrôle de la province nordique, pour avancer vers le coeur du territoire houthi, Sadaa.

La veille, des hommes armés à motocyclette ont tué un soldat des Émirats arabes unis dans la ville portuaire d'Aden. Il s'agissait du sixième assassinat d'un leader des troupes progouvernementales dans les dernières semaines, ont indiqué des responsables de la sécurité loyaux au régime gouvernemental.

Les Émirats arabes unis font partie de la coalition saoudienne, qui vise des positions rebelles depuis le mois de mars.

Personne n'a officiellement revendiqué la responsabilité de l'attaque, mais les autorités soupçonnent des extrémistes sunnites, qui tirent leur épingle du jeu grâce au chaos qui règne au Yémen, le pays arabe le plus pauvre.

Par ailleurs, samedi, des militants de la branche yéménite d'Al-Qaïda ont installé des postes de vérification et séparé les garçons des filles au seul collège de la ville de Zinjibar.

«D'abord, ils ont pris Al-Mukalla, puis Zinjibar. Nous sommes tous inquiets qu'Aden soit la prochaine ville», a affirmé un responsable de la sécurité progouvernementale, sous le couvert de l'anonymat. 

Depuis qu'ils ont pris le contrôle d'Al-Mukalla, en avril, les militants ont imposé la séparation des sexes dans les espaces publics et ont tué et fouetté des gens en public pour diverses accusations, notamment de sorcellerie, ont rapporté des résidents de la ville.