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17/10/2015 08:11 EDT | Actualisé 17/10/2016 01:12 EDT

L'accord nucléaire, une "ouverture" pour plus de diplomatie au Moyen-Orient (Steinmeier)

L'accord nucléaire entre l'Iran et les grandes puissances est "une ouverture pour plus d'efforts diplomatiques" en vue de résoudre les conflits au Moyen-Orient, a déclaré samedi à Téhéran le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier.

Evoquant les conflits en Syrie, au Yémen et en Irak, M. Steinmeier a estimé que "la région a besoin de plus de diplomatie, pas moins".

"Nous considérons l'accord (nucléaire du 14 juillet) comme une ouverture pour plus d'efforts diplomatiques", a-t-il ajouté dans un discours devant plusieurs responsables régionaux réunis à Téhéran en prélude à une conférence sur la sécurité prévue à Munich en février.

"Nous devons et nous sommes prêts à discuter de ces questions avec l'Iran" qui doit "jouer un rôle constructif au sein de la communauté internationale et à l'égard de ses voisins dans la région", a-t-il dit.

"Les solutions pacifiques ne dépendent pas d'un seul acteur et c'est pourquoi mon voyage ne s'arrête pas ici" à Téhéran, a aussi indiqué le ministre allemand, qui doit se rendre dimanche en Arabie saoudite, grande rivale de l'Iran dans la région.

Il a reconnu qu'il y avait "beaucoup d'interrogations concernant les intentions de l'Iran dans la région" et souhaité que Téhéran, même s'il les trouve "injustes et infondées', ne "les ignore pas et y réponde de manière constructive".

Un peu plus tôt lors d'une conférence de presse avec M. Steinmeier, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a affirmé que "l'Iran ne cherche pas éliminer l'Arabie saoudite, mais ne permettra pas non plus que l'Arabie saoudite élimine l'Iran de la région".

"Les efforts de ce pays pour éliminer l'Iran ont provoqué des bains de sang et alimenté les affrontements dans la région et cela doit cesser", a-t-il ajouté.

Les conflits en cours au Yémen et en Syrie font partie des points de crispations entre Saoudiens et Iraniens, dont les relations se sont également tendues après la catastrophe du pèlerinage de La Mecque le mois dernier, dans laquelle 464 Iraniens ont péri.

A propos de la Syrie, déchirée par une guerre qui a fait plus de 250.000 morts depuis 2011, M. Zarif a estimé que "le réalisme s'est renforcé en Occident" et qu'"il y a des solutions à propos desquelles nous pouvons tous tomber d'accord".

Mais il a demandé que "les ingérences étrangères visent à régler la crise et non à imposer leurs propres points de vue au peuple syrien".

L'Iran soutient financièrement et militairement le président Bachar al-Assad et accuse les pays occidentaux, les monarchies arabes du Golfe et la Turquie d'aider les groupes rebelles armés hostiles au régime syrien.

M. Steinmeier a pour sa part souhaité "que l'Iran se serve de son influence dans la région, et évidemment aussi sur Assad et son entourage, pour faire en sorte que nous fassions les premiers pas vers la désescalade".

Il faut que "le régime syrien autorise un accès humanitaire et l'approvisionnement de la population. Ce sont les deux premiers pas nécessaires pour lesquels j'espère le soutien de l'Iran", a dit le chef de la diplomatie allemande.

La visite officielle de Frank-Walter Steinmeier est la première d'un ministre allemand des Affaires étrangères depuis douze ans en Iran.

Quelques jours après la conclusion de l'accord nucléaire le 14 juillet, le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, était venu à Téhéran avec une délégation d'hommes d'affaires.

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