POLITIQUE
17/10/2015 06:38 EDT | Actualisé 17/10/2015 09:03 EDT

Les chefs fédéraux rivaux ont placé Justin Trudeau dans leur collimateur (VIDÉO)

Conservateurs, néo-démocrates et bloquistes avaient une cible commune lors du 77e jour de la campagne électorale: le chef libéral Justin Trudeau.

Tous ont voulu, une nouvelle fois, profité des déboires des libéraux à la suite de la démission de leur coprésident de campagne pour dénigrer celui qui s'est emparé de la tête dans les intentions de vote des Canadiens, selon les derniers sondages.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair et son homologue bloquiste Gilles Duceppe partageaient les mêmes convictions à ce sujet: le Parti libéral du Canada n'a pas encore compris les leçons du scandale des commandites qui avait largement contribué à sa défaite en janvier 2006.

M. Mulcair, qui faisait campagne en Colombie-Britannique, a cherché à convaincre les électeurs que le Parti libéral du Canada (PLC) est aussi malhonnête qu'au temps du scandale des commandites.

"Ce que les Québécois et les Canadiens ont compris depuis deux jours maintenant, c'est que la même gang qui nous a amené le scandale des commandites est à la porte du Parti libéral. Le loup cherche juste à ce qu'on ouvre la porte de la bergerie", a-t-il lancé dans le local de campagne de sa candidate, à Burnaby.

Même son de cloche du côté de M. Duceppe.

"Ce qui se passe avec ce parti (du scandale) des commandites, je pense que les gens réalisent que cette formation n'a pas changé", a-t-il affirmé alors qu'il était de passage dans l'est du Québec.

Quant au chef conservateur, Stephen Harper, il a répété comme il le fait depuis des semaines que l'élection de lundi représente un choix entre deux positions qu'il continue à peindre l'une tout en noir, l'autre tout en blanc.

"C'est un choix: le parti libéral propose des dépenses qui ne sont pas abordables, financées par des hausses de taxes et d'impôts et des déficits (...) L'autre choix est un programme qui nous a donné un budget équilibré, des baisses de taxes et d'impôt (...) C'est le choix entre la perte d'emplois et la création d'emplois."

Justin Trudeau assure que son parti a tiré les leçons après dix ans de purgatoire.

"Nous avons confiance que les Canadiens veulent un meilleur style de gouvernement et nous travaillons très très fort pour démontrer qu'on a écouté les Québécois et les Canadiens; on a entendu les gens qui voulaient une nouvelle approche", a-t-il plaidé.

Invité à dire si cet écueil avait pu freiner l'élan de son parti, le leader libéral s'est contenté de répondre qu'il continuerait à travailler d'arrache-pied d'ici le jour du vote, le 19 octobre, pour convaincre le plus de Canadiens possible de lui accorder leur confiance.

L'avenir

Les chefs croient que la victoire les attend lundi soir. Si M. Duceppe se montrait optimiste, M. Mulcair refusait de concéder la défaite tandis M. Trudeau jouait de prudence.

M. Trudeau a dit craindre les "tricheries" des conservateurs. "Cette élection n'est pas terminée. Elle sera très serrée. M. Harper a prouvé maintes fois qu'il est prêt à tout faire pour maintenir son pouvoir", a-t-il prévenu.

Le premier ministre sortant a encore "des tours dans son sac", a ajouté M. Trudeau.

Il redoute aussi que les modifications apportées à la Loi électorale ne nuisent à son parti.

Le chef libéral a donc énergiquement enjoint ses sympathisants à contribuer à faire sortir le vote: "Allez cogner aux portes (...) Parlez avec vos voisins, votre famille et vos amis. Offrez-leur un 'lift' au bureau de vote. Gardez leurs enfants pour qu'ils puissent aller voter!".

Comme s'il avait prévu cette attaque, M. Harper a mis en garde ses partisans.

"D'ici à l'élection de lundi, je m'attends à ce que nous soyons attaqués encore plus férocement que nous l'avons été parce que nous sommes dans une élection serrée et que chaque vote va compter", a dit M. Harper.

De son côté M. Duceppe s'estime "plus près que jamais" de la balance du pouvoir que convoite le parti à la Chambre des communes.

En dépit de la montée du Parti libéral du Canada (PLC) dans les intentions de vote, M. Duceppe est demeuré fidèle, samedi, à sa prédiction d'un gouvernement minoritaire. "J'ai passé quelques années à analyser ces situations, a-t-il dit, en mêlée de presse à Sept-Îles après un déjeuner militant. Je pense que c'est ça que l'on va avoir."

M. Mulcair refuse de se pencher sur ce qu'il adviendra s'il arrive deuxième ou troisième aux élections lundi _ y compris sur les conditions qu'il pourrait imposer en échange d'un appui à un autre parti, répétant que le Nouveau Parti démocratique (NPD) sera porté au pouvoir.

Invité deux fois plutôt qu'une à préciser s'il imposerait des conditions sur des enjeux précis en échange d'un appui ou d'une coalition avec le PLC _ une renégociation du Partenariat transpacifique, par exemple _ M. Mulcair a esquivé la question.

Il a refusé aussi de se prononcer sur son avenir advenant une défaite. "Depuis le début de la campagne, j'ai été clair que ma priorité est de défaire et de remplacer Stephen Harper", a-t-il rétorqué.