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16/10/2015 10:53 EDT | Actualisé 16/10/2015 10:56 EDT

«Le Pont des espions», Steven Spielberg raconte la guerre froide (PHOTOS/VIDÉO)

Direction les années de la guerre froide avec Le Pont des espions, la dernière offrande de Steven Spielberg. Coécrit par les frères Coen, ce bon thriller d’espionnage, fort élégant, met à l’affiche Tom Hanks, toujours aussi charismatique quand il est question d’interpréter des figures plus grandes que nature.

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Pourtant, l’histoire est authentique, même si les faits sont parfois remâchés à la sauce hollywoodienne. Avocat de Brooklyn spécialisé dans l’assurance, James Donovan (Tom Hanks) se voit confier la défense de Rudolf Abel (Mark Rylance), un espion allemand à la solde des Soviétiques. Ce dernier arrêté par les autorités américaines risque la peine de mort au même titre que les époux Rosenberg, qui finirent sur la chaise électrique en juin 1953.

Car il n’y a bien entendu aucun doute sur la culpabilité de l’accusé. Lorsque son avocat commis d’office lui demande s’il n’a pas peur, celui-ci répond toujours impassible si cela aiderait. Par conséquence, le film ne retrace pas l’histoire d’un innocent, mais pose néanmoins une question fondamentale: est-ce que tout le monde mérite d’être défendu?

Le premier plan du film est hallucinant par sa reconstitution d’époque et tient en haleine du début jusqu’à la fin. Elle met en scène une filature dans les rues grouillantes de New York de 1957 impliquant l’espion qui se fait passé pour un artiste peintre et la CIA. Le tout se termine par une arrestation rocambolesque.

Conventionnel, mais efficace

On est en pleine guerre froide avec en prime les premiers moments de la construction du mur de Berlin. L’URSS et les États-Unis sont à cran. Il suffirait d’une escalade pour qu’arrive une troisième guerre mondiale et atomique cette fois. Défendre un ennemi de l’Oncle Sam met l’avocat dans une situation dangereuse pour sa sécurité et celle de sa famille. Malgré tout, James Donovan campe sur ses principes de justice..

Comme dans Amistad ou Munich, Steven Spielberg déploie, avec quelques touches d’humour, les ficelles d’une grande saga historique où trônent à la fin les valeurs d’une Amérique triomphante. Le cinéaste souvent empli de bonnes intentions y rappelle des enjeux importants qui ont un écho sur des sujets actuels comme les prisonniers de Guantanamo.

Il reste que le film d’une facture classique demeure passionnant, en particulier pendant sa deuxième partie qui se déroule au cœur d’une Allemagne divisée et meurtrie. L’avocat James Donavan est envoyé cinq ans plus tard en Europe afin de négocier en secret la libération de deux prisonniers pour le compte du gouvernement américain.

L’espion Rudolf Abel dont il a réussi à épargner la vie devient alors la monnaie d’échange qui doit se conclure sur le fameux pont métallique de Glienicke, reliant Berlin Ouest à Potsdam. La scène de leur séparation montre à quel point ces deux hommes ont su nouer une véritable amitié, malgré les différences culturelles et le poids de l’histoire. Moins percutant que La liste de Schindler, Le Pont des espions demeure toutefois infaillible.

Le Pont des espions (Bridge of Spies) – Drame d’espionnage – Walt Disney Studios Motion Pictures et 20th Century Fox – 135 minutes – Sortie en salles le 15 octobre 2015 – États-Unis.