BIEN-ÊTRE
16/10/2015 08:37 EDT | Actualisé 16/10/2015 08:37 EDT

Des cours de « coaching » en séduction : comment ça fonctionne?

Portrait of a romantic young couple
vasst via Getty Images
Portrait of a romantic young couple

Nous sommes huit femmes assises en cercle à nous regarder mutuellement, une étiquette avec notre prénom collée sur le veston, pendant que Régine Coicou s’active pour lancer son PowerPoint. Quarantenaire hyper dynamique, Régine est la seule coach membre du Relationship Coaching Institute au Québec ; elle va nous présenter pendant cette rencontre son programme, un atelier de quatre mois qui initie les célibataires à l’art de la séduction en les aidant à cibler leurs erreurs et à trouver la bonne personne - et surtout, à réussir à la garder.

style="float:

« On propose bien des sessions de groupe sur la cigarette, alors pourquoi pas sur l’amour ? demande la coach. C’est un réseau d’entraide comme un autre. » Les célibataires se rencontrent une fois par mois pour discuter de leur avancée, des exercices qu’elles ont eu à faire, de leurs questions sur les hommes… Également propriétaire de l’agence de rencontres Happy Célibataires, Régine trouve ses sessions en groupe ABC Séduction plus efficaces que les rencontres individuelles.

« Les clientes vivent les mêmes situations et ont les mêmes problèmes. C’est souvent très constructif d’entendre son histoire de la bouche d’une autre. » La coach évoque l’exemple d’une cliente en surpoids persuadée que son physique était la cause de ses échecs ; en rencontrant à une session une femme aux mensurations parfaites qui vivait des histoires amoureuses similaires, elle a vu sa situation sous un autre angle. « Il m’aurait fallu huit séances individuelles pour lui faire comprendre que son poids n’était pas à l’origine de tout », pense Régine.

Trouver l’homme de sa vie coûte 450$

On commence par se présenter : prénom, défi en amour, quel type de célibataire on est (l’équilibrée, la pas prête, la découragée, la faussement indifférente, celle qui dit être mieux seule…). Ma voisine confie être passée par tous les stades du célibat ; maintenant elle veut vraiment trouver quelqu’un. Le défi de la célibataire d’après, c’est d’arrêter de se faire avoir par des manipulateurs. Une femme acquiesce vivement - ça sent le vécu. A la suivante. « Mon plus grand défi ? Simplement, trouver le Bon... » Je suis frappée par le désespoir dans sa voix.

Dans le lot de femmes de 28 ans à 55 environ, il y a deux divorcées, dont l’une « attire les hommes en relation ». Sa voisine, elle, est ici sur les recommandations de son ex. Les langues se délient. « Suis-je trop exigeante ? ». « N’y a-t-il plus de célibataires disponibles ? ». « Où le trouver ? ». Notre coach répond clairement, franchement. Elle indique que ses cours sont tirés à 80% de sa propre expérience : mariée dix ans, célibataire dix ans, elle a eu des relations avec plus d’une vingtaine d’hommes de presque autant de nationalités différentes. « Je n’entends quasiment jamais d’histoire que je n’ai pas vécue moi-même », assure Régine en riant.

Le principal problème selon elle, c’est que trop de femmes se laissent choisir, au lieu de choisir elles-mêmes. Une grande partie de l’atelier en séduction est ainsi basée sur le positivisme et la loi de l’attraction, pour travailler la confiance en soi des clientes. Le programme - un gros pavé d’une bonne centaine de pages -, comprend cours, exemples, exercices (de méditation notamment), auquel s’ajoute du matériel audio et vidéo que la coach partage au fil des mois. Et il y a un groupe Facebook privé pour discuter avec les autres membres… Le tout pour 450$.

Régine est aussi disponible en cas d’urgence. L’autre jour, une de ses clientes qui partait en Angleterre rencontrer un homme est venue la voir avec sa valise pour savoir quels vêtements emporter. Entre deux anecdotes, la coach reprend son cours. Elle explique l’importance de régler son passé et d’être proactive dans la recherche de l’homme. Mais avant, il faut savoir ce qu’on veut : elle nous incite à établir la Liste, qui rassemble environ 100 points que l’on souhaite retrouver chez notre partenaire, histoire de bien cerner à quoi l’Élu doit ressembler physiquement et psychologiquement.

« Un gars reste un gars, il aime le challenge »

« Trop de femmes sont avec des hommes qui ne les intéressent pas, où avec des hommes qui les quittent sans qu’elles sachent pourquoi », regrette notre coach, qui s’est lancée dans ce métier car elle était « tannée de voir des femmes niaisées par les hommes ». En 2013, alors gérante de bureau, Régine décide de se mettre au coaching après avoir entendu une énième histoire de mauvaise expérience amoureuse. Après plusieurs clientes qui lui disent qu’elle a changé leur vie, elle est convaincue d’avoir trouvé sa vocation ; d’autant qu’elle est la seule coach francophone au Canada.

Si on trouve pléthore de livres sur le sujet, ils sont presque tous signés de plumes masculines. « Je trouve que ça manquait d’une vision féminine, et d’une approche sous forme d’atelier ». En plus de donner des conférences, Régine vient de sortir un livre, le Guide de la séduction au féminin - comprendre l’éloignement émotionnel des hommes. Elle ne coache que des femmes (80% des clientes sont des professionnelles dans la fin trentaine), parce qu’elle n’a « pas besoin de réfléchir pour trouver la solution à leur problème », au contraire des hommes.

Les principaux enjeux du coaching séduction ? Internet : avec son stock inépuisable de candidats, la séduction en ligne est trop facile selon Régine, et Internet est en partie responsable de l’accumulation des échecs en grand nombre. Autre problème, les Québécoises ont tendance à vouloir faire le premier pas. Erreur, d’après la coach : « Quelle que soit sa nationalité, un gars reste un gars, et il aime séduire, il veut du challenge... ». Après une nouvelle série de questions, on se quitte sur cette phrase, que Régine répète à plaisir dans son livre : « La séduction n’a jamais rapport avec le physique. C’est un style de vie ».