NOUVELLES
15/10/2015 10:46 EDT

Guy Turcotte aurait raconté à un témoin le soir du drame et la mort de son fils (VIDÉO)

La Couronne a déclaré sa preuve close au procès pour meurtre de Guy Turcotte et les avocats de l'accusé ont aussitôt annoncé qu'ils présenteraient des moyens de défense.

Le procès criminel de l'ex-cardiologue, accusé d'avoir poignardé à mort ses enfants Olivier et Anne-Sophie, n'est donc pas terminé.

La défense présentera au jury lundi matin une déclaration d'ouverture dans laquelle elle fera valoir sa théorie de la cause, ainsi que les témoins qu'elle appellera à la barre. Le procès a été ainsi suspendu jeudi après-midi jusqu'à cette étape.

Jeudi, lors du procès, un témoin a raconté aux jurés que Guy Turcotte lui a relaté la mort de ses enfants lorsqu'il est allé le visiter à l'Institut Philippe-Pinel.

Cette visite de Luc Tanguay à l'hôpital psychiatrique a eu lieu le 7 mars 2009. L'homme est un consultant en communication qui aidait auparavant Guy Turcotte avec ses communications interpersonnelles.

Ce jour-là, l'accusé lui a relaté le soir du drame, le 20 février 2009, lors duquel il a poignardé à mort Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans.

Guy Turcotte lui a dit avoir couché les enfants. Il a ensuite effectué des recherches sur Internet sur le suicide, car il avait vu des courriels échangés entre Isabelle Gaston et Martin Huot avec lequel elle entretenait une relation amoureuse. Ces courriels le bouleversaient. Il a dit avoir ensuite bu du lave-glace, a rapporté l'homme au procès.

L'accusé lui a dit avoir "pris conscience qu'il était pour mourir" et "qu'il a décidé d'emmener ses enfants avec lui".

Il était affaissé et d'une tristesse profonde alors qu'il lui faisait son récit, a expliqué jeudi M. Tanguay dans une salle de cour du palais de justice de Saint-Jérôme.

Guy Turcotte lui aurait dit que lorsqu'il s'était attaqué à Olivier, celui-ci disait "non papa, non papa!".

Ensuite, "il a dit qu'il entendait son fils mourir dans son sang", alors qu'il se trouvait peu après dans la chambre d'Anne-Sophie.

"Il a dit que ça prenait 10 minutes pour une personne pour mourir dans son sang. Sur un ton de médecin, objectif, froid, rationnel", a relaté M. Tanguay au jury de 11 personnes.

M. Tanguay avait aussi vu l'accusé peu de temps avant les meurtres. À peine trois jours avant de tuer ses enfants, il avait l'air d'un homme tourné vers l'avant, qui voulait refaire sa vie, a-t-il indiqué.

Lors de cette rencontre, il a discuté de l'achat d'une maison et aussi mentionné avoir discuté avec son ex-conjointe Isabelle Gaston de médiation, pour réaliser une séparation "en douceur", a rapporté l'homme. "Il était dans une phase de reconstruction", a souligné M. Tanguay.

Il voulait aussi protéger Mme Gaston et les enfants financièrement et disait qu'il n'avait pas l'intention de leur causer d'ennuis à ce sujet. "C'était un homme qui voulait refaire sa vie", a-t-il ajouté.

Il était triste, mais pas en colère, a-t-il dit.

Témoignage de Martin Huot

L'homme avec lequel Isabelle Gaston avait débuté une relation amoureuse en 2008 avant sa séparation d'avec Guy Turcotte a aussi témoigné.

Martin Huot a relaté le matin du 11 février 2009 quand Guy Turcotte est allé à la maison familiale que Mme Gaston avait conservée après leur séparation.

L'accusé est entré dans la maison et lui a donné un coup de poing au visage. M. Huot a dit qu'il a tenté de lui donner d'autres coups, mais qu'il les a esquivés.

"Il (l'accusé) a dit: 'Tu m'as volé ma femme, mes enfants, tu disais que tu étais mon ami".

Le couple Gaston-Turcotte fréquentait en amis depuis 2008 cet autre couple formé de Martin Huot et de Patricia Giroux.

Celle-ci a aussi débuté son témoignage. Elle a expliqué au jury comment elle a mis la main sur les courriels qu'Isabelle Gaston et Martin Huot s'échangeaient pendant qu'ils étaient encore avec leurs conjoints respectifs.

Elle est allée les montrer à l'accusé à l'hôpital où il travaillait, le 15 février 2009.

"Il était surpris. Je crois qu'il ne me croyait pas", a dit Mme Giroux.

Guy Turcotte a plaidé non coupable aux deux accusations de meurtre prémédité qui ont été portées contre lui. Il a toutefois admis avoir causé la mort d'Olivier et d'Anne-Sophie.

Galerie photoL'affaire Turcotte en quelques photos Voyez les images

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter