POLITIQUE
15/10/2015 04:19 EDT | Actualisé 15/10/2015 04:20 EDT

Élections fédérales 2015: Mulcair accuse Trudeau d'avoir déjà donné en secret son aval à Énergie Est

CP

Thomas Mulcair accuse Justin Trudeau d'avoir déjà prévu donner son aval au controversé projet Énergie Est s'il était élu premier ministre, en dépit de la prétention du chef libéral de vouloir d'abord consulter la population.

"Ça allait se faire. C'est faux de la part de M. Trudeau de continuer de prétendre qu'il restait quoi que ce soit à décider là-dedans. Dès le lendemain, si on faisait l'erreur de les élire, il l'aurait fait", a insisté le chef néo-démocrate en conférence de presse à Alma, jeudi.

Depuis mercredi, le coprésident de la campagne de Justin Trudeau, Daniel Gagnier, est sur la sellette en raison d'un courriel qu'il a expédié à des dirigeants de TransCanada, le promoteur du pipeline Énergie Est. Dans cette missive, ce proche conseiller du chef libéral leur recommande de s'adresser dès que possible aux personnes clés d'un nouveau gouvernement, qu'il soit libéral ou néo-démocrate.

M. Gagnier a démissionné depuis cette révélation, un geste pour lequel M. Trudeau s'est félicité, affirmant que cela prouvait que le Parti libéral s'en tient à de hauts standards en matière d'éthique.

Pour M. Mulcair, cet épisode est plutôt la preuve que rien n'a changé chez les libéraux depuis le scandale des commandites.

"Les voiles sont en train de se lever sur le réel Parti libéral. Le public va être à même de constater que, même s'ils ont essayé de mettre un nouveau visage sur le Parti libéral, ça demeure le même vieux Parti libéral, le même monde, les mêmes tactiques et les mêmes stratégies", a-t-il lancé.

ses yeux, ce qu'il appelle le "scandale" de TransCanada n'est que "la pointe de l'iceberg".

"Ce n'est pas en apposant une couche de peinture sur une vieille voiture rouillée que vous changez quoi que ce soit à ce qu'il y a en-dessous", a-t-il illustré.

Le dossier d'Énergie Est a justement donné beaucoup de fil à retordre à M. Mulcair depuis le début de la campagne. Le Bloc québécois a notamment accusé M. Mulcair de dire une chose et son contraire en fonction de là où il se trouve au Canada sur la construction de ce pipeline qui permettrait le transport du pétrole albertain vers l'Est, selon un tracé qui sillonnerait le Québec.

Le NPD assure qu'un gouvernement néo-démocrate ne pourrait autoriser le projet selon les standards mis en place par les conservateurs depuis dix ans et que de nouvelles évaluations environnementales devraient être effectuées avant qu'il soit possible de déterminer s'il faut aller de l'avant avec le projet.

Les libéraux pour leur part soutenaient que s'ils étaient élus à Ottawa, ils allaient d'abord consulter les citoyens avant d'autoriser la construction du pipeline.

"Depuis le début, M. Trudeau nous ferait croire que le problème, c'est qu'il n'y avait pas de licence sociale. Ce qu'il a omis de dire, c'est que lui il avait déjà délivré la licence libérale", a conclu M. Mulcair.

Selon M. Trudeau, M. Gagnier n'a toutefois jamais contribué aux politiques énergétiques du parti.

En terrain ennemi

Thomas Mulcair a fait campagne au Lac-Saint-Jean, jeudi matin, pour encourager les électeurs à battre le lieutenant québécois du premier ministre sortant, Denis Lebel.

"Si on faisait l'erreur de faire réélire Denis Lebel, ce serait par accident une manière d'aider Stephen Harper, et c'est la dernière chose que les gens de la région souhaitent", a-t-il soutenu dans une salle de conférence d'un hôtel d'Alma. M. Mulcair se rendra également à Sherbrooke, où le NPD a fait élire en 2011 Pierre-Luc Dusseault, le plus jeune député de l'histoire du pays. Il fera vendredi un saut dans le comté de l'ancien ministre conservateur Christian Paradis, Mégantic-L'Érable.

Pendant ce temps, M. Trudeau fait campagne à Outremont, le comté de M. Mulcair lui-même. Les chefs de partis ont pourtant pour coutume de ne pas faire campagne dans la circonscription d'un autre chef.

"On est dans un pays libre, les gens sont libres de faire ce qu'ils veulent", a noté M. Mulcair, déplorant toutefois que M. Trudeau semble le cibler davantage que Stephen Harper.