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15/10/2015 04:33 EDT | Actualisé 15/10/2015 04:49 EDT

Eaux usées à Montréal : un plan de communication dormait sur les tablettes depuis janvier

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QUÉBEC – Dès janvier dernier, la Ville de Montréal savait qu’elle devrait aviser les citoyens des impacts du déversement d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Pourtant, la population et les élus n’ont appris la nouvelle qu’à la fin du mois de septembre, soit trois semaines avant le début des opérations.

Selon le sommaire décisionnel présenté par la Ville de Montréal au conseil exécutif en août dernier, la stratégie de communication «a été élaborée au mois de janvier 2015 afin de se conformer aux exigences du MDDELCC [NDLR : le ministère de l’Environnement du Québec] et pour prévenir les citoyens, clubs nautiques et marinas de l'impact de ses déversements.»

Le plan de communication devait être déployé par le service des infrastructures voirie et transports au moment de la réalisation des travaux.

Selon le rapport d’analyse du ministère de l’Environnement dévoilé la semaine dernière, la stratégie de communication devait comprendre, entre autres, la diffusion d’un communiqué de presse, la distribution d’avis aux résidents des quartiers concernés, une alerte sur le compte Twitter d’Info-Travaux, un avis aux chroniqueurs à la circulation et l’installation de panneaux pour interdire la baignade dans le fleuve Saint-Laurent.

Pourtant, l’opposition officielle à la Ville de Montréal a appris la nouvelle du déversement par hasard, en consultant un blogue. «Je siège sur la commission sur l’eau et l’environnement : on n’a jamais été consultés par rapport à ça», lance le porte-parole de Projet Montréal en matière d’environnement, Sylvain Ouellet.

C’est finalement une fédération de kayakistes qui a dévoilé l’information, rapidement reprise par Radio-Canada et les autres médias ensuite.

De plus, Sylvain Ouellet fait remarquer que la plupart des mesures du plan de communication visent les automobilistes concernés par les travaux sur l’autoroute Bonaventure et les résidents à proximité, pas les utilisateurs du fleuve ou les citoyens en aval.

Les maires des villes en aval, qui s’approvisionnent en eaux dans le fleuve, ont appris la nouvelle par les médias, ajoute-t-il. Et le communiqué de presse mentionné dans le plan de communication était disponible uniquement sur demande, selon Sylvain Ouellet.

«J’ai vraiment l’impression qu’ils ont cru que ça allait passer sous le radar», dit-il.

Le cabinet du maire Denis Coderre n’avait pas retourné notre appel au moment de mettre en ligne.

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