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13/10/2015 13:32 EDT | Actualisé 13/10/2016 01:12 EDT

MH17 : Moscou a de "sérieux doutes" sur le but poursuivi par l'enquête de La Haye (ministère des Affaires étrangères)

Moscou a estimé mardi que de "sérieux doutes" pesaient sur le but poursuivi par l'enquête internationale menée par les Pays-Bas sur les circonstances du crash du Boeing de la Malaysia Airlines en juillet 2014 dans l'est de l'Ukraine.

"De sérieux doutes demeurent pour savoir si le but réel poursuivi par l'enquête menée par les Pays-Bas est d'établir les véritables raisons de la catastrophe et non pas de justifier les accusations qui avaient déjà été avancées" par La Haye, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'enquête vise à "faire des raccourcis et désigner un coupable", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qui a estimé que l'approche des enquêteurs était "clairement tendancieuse et partiale".

Le ministère des Affaires étrangères a regretté "ne pas avoir eu accès aux documents de l'enquête".

"Pour parler franchement, nous sommes un peu surpris de voir que plusieurs pays ont déjà commenté de façon officielle et officieuse le document qui a été publié, comme s'ils en connaissaient déjà le contenu", a remarqué la porte-parole du ministère, Maria Zakharova, citée par l'agence de presse RIA Novosti.

Le ministère s'est aussi étonné que les experts mandatés par l'enquête internationale n'aient pas "souhaité venir en Russie et examiner les preuves d'Almaz-Anteï", le constructeur russe des systèmes de défense antiaérienne BUK, dont un missile est à l'origine du crash selon l'enquête.

Le constructeur a rejeté les conclusions du rapport.

"Evidemment, la façon dont (l'enquête) a été menée va forcément en influencer les résultats", a commenté pour sa part le ministère russe.

"Le seul moyen de l'éviter c'est de poursuivre cette enquête en en modifiant les paramètres, en faisant participer pleinement les Etats qui peuvent fournir des preuves et des moyens permettant de faire la lumière sur le crash du vol MH17", a-t-il conclu, ajoutant que la Russie "était prête" si La Haye souhaitait relancer l'enquête.

Publiée mardi, l'enquête internationale, à laquelle ont participé l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis, l'Australie, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, n'a pas désigné de coupable mais a établi que l'avion avait été abattu par un missile BUK de fabrication russe.

Les enquêteurs ont aussi soutenu que Kiev aurait dû fermer cette partie de son espace aérien : le jour du crash, le 17 juillet 2014, 160 avions avaient survolé cette zone en guerre, selon eux.

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