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13/10/2015 02:33 EDT | Actualisé 13/10/2016 01:12 EDT

MH17: les responsables seront-ils jamais identifiés?

Quinze mois après le crash du vol MH17 dans l'est de l'Ukraine, les enquêteurs néerlandais doivent publier mardi leurs conclusions sur la cause du drame, qui coûta la vie à 298 personnes, sans pour autant désigner de responsables. Ceux-ci seront-ils jamais identifiés?

Que s'est-il passé le 17 juillet 2014?

Un Boeing 777 de la Malaysia Airlines est abattu en vol alors qu'il se trouve au-dessus d'un territoire contrôlé par les séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Le vol MH17, qui avait décollé de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol vers 12H30 (10H30GMT) et devait rejoindre Kuala Lumpur, volait alors à 33.000 pieds, soit environ 10 km.

Les 15 membres d'équipage et les 283 passagers, dont 193 Néerlandais, sont décédés.

Dans un premier rapport, les enquêteurs du Bureau néerlandais pour la sécurité (OVV) ont estimé que le Boeing avait été perforé en vol par des "projectiles à haute énergie", sans aller jusqu'à confirmer la théorie du missile.

Le Parquet néerlandais, qui coordonne l'enquête pénale, avait affirmé en août avoir identifié des éléments appartenant "peut-être" à un missile sol-air de type BUK mais ne peuvent alors conclure à "un lien de causalité".

Qui disposait du système de missiles BUK?

Les armées de Kiev et de Moscou disposent toutes deux du système de missiles sol-air BUK, selon Peter Felstead, l'éditeur du magazine spécialisé Jane's Defence Weekly, à Londres.

Développé au sein de l'Union soviétique, le système antiaérien russe BUK, qui requiert d'être manipulé par des spécialistes très entraînés, permet de toucher des cibles mouvantes jusqu'à plus de quarante kilomètres et jusqu'à 25 kilomètres d'altitude.

Puissant et précis, ce système fonctionne en explosant directement près de la cible et en la frappant par un nombre massif d'éclats d'obus se déplaçant à une très grande vitesse.

Qui sont les responsables?

L'Ukraine et les États-Unis affirment que l'appareil a été abattu par les séparatistes prorusses grâce à un missile sol-air de type BUK fourni par la Russie.

"Il est clair qu'il s'agit d'un système qui a été transmis aux mains des séparatistes, depuis la Russie", avait alors affirmé le secrétaire d'État américain John Kerry.

Selon M. Felstead, la destruction du vol MH17 était "une erreur" : les opérateurs du système pensaient "avoir pris pour cible un avion militaire dans la région mais il s'est révélé qu'il s'agissait d'un avion de ligne".

Moscou rejette ces accusations et pointe du doigt les forces ukrainiennes.

Le fabricant russe assure que l'appareil a été abattu par un missile BUK tiré par l'armée ukrainienne.

Mais selon le site de journalisme citoyen Bellingcat, qui a enquêté sur le crash sur la base de documents publics, dont les réseaux sociaux, le système de BUK faisait partie d'un convoi ayant traversé la frontière un mois avant le crash depuis la ville russe de Koursk.

Et maintenant?

Le rapport de mardi doit également s'exprimer sur le survol de zones de guerre par des lignes commerciales.

Les proches des victimes ont affirmé que le rapport allait permettre de maintenir la pression pour arrêter et juger les coupables.

Le Parquet néerlandais avait assuré fin juin avoir identifié de nombreuses "personnes d'intérêt" dans l'enquête sur les responsables du crash, sans avoir encore de suspects définis.

Pour M. Felstead, il est "improbable que ces coupables soient un jour arrêtés et amenés devant des juges". L'enquête pénale doit néanmoins continuer, a-t-il assuré à l'AFP.

La Russie avait mis son veto le 29 juillet au Conseil de sécurité de l'ONU à une résolution qui aurait créé un tribunal spécial, notamment réclamé par les Pays-Bas, pour juger les responsables de ce crash aérien.

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