NOUVELLES
13/10/2015 09:31 EDT | Actualisé 13/10/2016 01:12 EDT

Le vol MH17 a été abattu par un missile Buk, d'après les Pays-Bas

LA HAYE, Pays-Bas — Le vol MH17 qui a explosé en plein vol au-dessus de l'est l'Ukraine le 17 juillet 2014, faisant 298 morts, a été bel et bien été abattu par un missile sol-air Buk, ont annoncé mardi les autorités néerlandaises.

Quelques heures plus tôt, le fabriquant russe du missile avait présenté son propre rapport pour tenter de distancer de la catastrophe les rebelles appuyés par Moscou qui sévissaient à ce moment dans la région.

Le missile aurait explosé à moins d'un mètre du poste de pilotage, selon le Bureau d’enquête pour la sécurité. L'explosion a tué les trois membres d'équipage qui se trouvaient dans le poste de pilotage et décapité l'appareil.

L'appareil s'est alors désintégré et les débris se sont éparpillés sur un vaste secteur, dans une zone contrôlée par les rebelles séparatistes.

L'agence néerlandaise a critiqué l'Ukraine pour ne pas avoir fermé son espace aérien, en dénonçant que personne ne se soit préoccupé de la sécurité des avions civils.

Une partie du nez de l'appareil, du poste de pilotage et de la classe affaires du Boeing 777 a été reconstruite à partir des débris récupérés sur place et transférés vers la base aérienne de Gilze en Rijen, dans le sud des Pays-Bas.

L'Ukraine et plusieurs pays occidentaux croient que l'appareil a été détruit par un missile tiré en territoire rebelle par les forces russes ou appuyées par la Russie. Des fragments du missile ont été retrouvés dans les corps des membres d'équipage, ce qui a permis son identification.

La fabricant d'armes russe Almaz-Antey, une compagnie publique, a toutefois indiqué mardi avoir mené deux expériences qui contredisent cette conclusion. Une des expériences aurait notamment vu un missile Buk exploser près du nez d'un Boeing 777. La compagnie a affirmé par voie de communiqué que les dommages causés par cette expérience ne ressemblent pas à ceux du vol MH17.

Le directeur général d'Almaz-Antey, Yan Novikov, a ajouté lors d'une conférence de presse que le missile n'aurait pas non plus pu être tiré depuis le village ukrainien de Snizhne, comme le prétendent les autorités néerlandaises. Un journaliste de l'Associated Press avait aperçu un système Buk dans la région le jour de la tragédie.

Le rapport de l'agence néerlandaise identifie un secteur de 320 kilomètres carrés d'où le missile a pu être tiré, sans être plus précis.

Des proches des victimes qui ont assisté à une présentation privée se sont dits soulagés d'avoir appris que les passagers ont été tués presque instantanément par la décompression, le manque d'oxygène, le froid extrême, la force du vent ou encore des débris volants.

Le Bureau d’enquête pour la sécurité a toutefois avoué qu'il n'est pas impossible que des passagers soient demeurés conscients pendant 60 ou 90 secondes. L'agence n'a noté aucun geste conscient, comme l'envoi de textos, pendant les dernières secondes du vol. Un passager a été retrouvé portant un masque d'oxygène, mais on ne sait pas comment cela a pu se produire.

«(Les passagers) étaient à peine capables de comprendre la situation dans laquelle ils se trouvaient», a dit l'agence néerlandaise.

Mike Corder et Nataliya Vasilyeva, The Associated Press