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13/10/2015 09:34 EDT | Actualisé 13/10/2016 01:12 EDT

Le baromètre albertain

Au fédéral, l'Alberta est conservatrice, et cette allégeance n'est pas sur le point de changer. Reste que sur 34 circonscriptions, les libéraux et les néodémocrates pourraient faire de quatre à six gains, disent certains sondeurs et observateurs. Parmi les circonscriptions conservatrices en danger, le comté baromètre d'Edmonton-Centre.

Un texte de Sylvain Bascaron

Les citoyens d'Edmonton-Centre ont été représentés par un député conservateur sous les conservateurs de Stephen Harper, un député libéral sous les libéraux de Paul Martin et de Jean Chrétien, et un député conservateur sous les conservateurs de Brian Mulroney et de Kim Campbell. Cette fois-ci, la lutte que se livrent les trois candidats, tous des vedettes de leur parti, est très féroce.

Le candidat néodémocrate Gil McGowan, en congé de son poste de président de la Fédération des travailleurs de l'Alberta, est conscient de l'importance de son combat. « Habituellement, le parti qui remporte le siège ici remporte l'élection au pays, rappelle-t-il. Je prévois que ça arrivera encore cette année quand Thomas Mulcair et moi remporterons nos élections. » S'il est confiant, c'est qu'il a beaucoup de partisans dans cette circonscription très hétéroclite.

Mais cette diversité joue aussi en faveur des deux autres partis. Le candidat libéral n'est donc pas moins confiant que le néodémocrate. « On a plein de gens qui veulent voir un changement ici dans Edmonton-Centre », explique Randy Boissonnault, un homme d'affaires connu de tous dans le comté. « On va être très heureux de répondre avec une victoire ici, dans Edmonton-Centre, du Parti libéral », ajoute-t-il.

Le candidat conservateur doit sans doute être satisfait de voir les deux partis à sa gauche se livrer une dispute aussi dure. Cette dynamique politique pourrait lui permettre de se faufiler et de remporter le siège, lui qui compte aussi sur une base bien établie en tant qu'ancien PDG de la Chambre de commerce d'Edmonton. Des commerçants à qui nous avons parlé confirment qu'il a leur confiance, tout comme le chef conservateur.

« Stephen Harper a un grand coeur, il est honnête, mais les médias ne lui rendent pas justice », explique Brad Kahler, le copropriétaire d'une boutique de vêtements de luxe pour homme. Les engagements conservateurs de ne pas toucher aux impôts des entreprises et d'éviter un déficit le satisfont. Et puis Brad Kahler connaît bien le candidat local James Cumming, qu'il décrit comme un homme à l'écoute, intelligent, et constamment à la recherche d'un consensus.

Les quelques jours que nous avons passés à tâter le pouls des électeurs ici nous donnent l'impression que la course est serrée. Toutefois, aucun sondage crédible ne nous permet de confirmer ou de réfuter cette impression.