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13/10/2015 09:18 EDT | Actualisé 13/10/2016 01:12 EDT

L'ACLU poursuit la CIA pour ses techniques d'interrogatoires

WASHINGTON — Une organisation américaine de défense des libertés civiles poursuit deux anciens psychologues de l'armée de l'air qui ont développé le programme musclé utilisé par les services de renseignement pour interroger des terroristes présumés.

L'American Civil Liberties Union (ACLU) prétend que les deux hommes ont entériné et enseigné le recours à la torture en présentant le tout sous un camouflage scientifique.

Un rapport publié il y a près d'un an par le Sénat américain révélait que les interrogatoires ont infligé aux détenus membres d'Al-Qaïda une douleur nettement supérieure à ce qui est autorisé par la loi, sans pour autant fournir de renseignements ayant permis de sauver des vies.

La poursuite déposée par l'ACLU accuse les docteurs James E. Mitchell et John «Bruce» Jessen d'avoir mis au point une stratégie d'interrogation qui s'appuyait sur les mauvais traitements physiques, la privation de sommeil, la famine, la noyade simulée et d'autres méthodes qui ont causé une douleur physique et psychologique aux détenus entre les mains de la CIA.

Un avocat qui représente les deux individus n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

La poursuite a été déposée devant un tribunal fédéral de Washington au noms de trois anciens détenus de la CIA. L'un d'eux a éventuellement été retrouvé mort d'hypothermie après un séjour prolongé dans une prison afghane comparée à un donjon. Les deux autres sont aujourd'hui libres.

La poursuite affirme que les deux psychologues se sont inspirés d'expériences menées sur des chiens dans les années 1960, qui démontraient que des animaux maltraités finissent par devenir passifs et obéissants.

MM. Mitchell et Jessen ont fondé une entreprise qui a ultimement empoché 81 millions $ US et qui employait apparemment 11 des 13 interrogateurs utilisés par la CIA.