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13/10/2015 15:53 EDT | Actualisé 13/10/2016 01:12 EDT

Brésil: Dilma Rousseff gagne un répit dans la bataille sur sa destitution

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a gagné mardi un répit sur les terrains parlementaire et judiciaire dans la bataille autour de l'éventuel lancement d'une procédure de destitution à son encontre.

Le président du Congrès des députés, Eduardo Cunha, a repoussé à la semaine prochaine sa décision sur le déclenchement d'une éventuelle procédure de destitution contre la présidente de gauche, alors que les états-majors politiques s'attendaient à ce qu'il tranche dès mardi.

M. Cunha "va attendre jusqu'à la semaine prochaine pour prendre sa décision" sur la demande de procédure de destitution appuyée par l'opposition qui accuse la présidente et son gouvernement d'avoir sciemment maquillé les comptes publics en 2014, a déclaré mardi à l'AFP un porte-parole de la chambre basse, sans expliquer le motif de ce report.

Paralèlement, trois juges de la Cour suprême (STF) ont donné suite dans des décisions individuelles à des requêtes de députés de la majorité en suspendant provisoirement la méthotologie fixée en septembre par M. Cunha pour l'examen d'une éventuelle demande de destitution. Ces décisions ont été prises pour éviter "une possible grave atteinte à l'ordre constitutionnel" et devraient en théorie geler le déclenchement de toute procédure de destitution au parlement, jusqu'à ce la Cour suprême se prononce sur le fond en session plénière d'ici plusieurs semaines.

Mais M. Cunha, a laissé entendre à des journalistes qu'il pourrait sévir sans attendre le jugement de fond de la Cour suprême.

Membre du Parti démocratique brésilien (PMDB, centre-droit), le principal parti allié parlementaire du gouvernement, M. Cunha est devenu l'adversaire juré de la présidente surtout depuis que la justice l'a accusé d'avoir reçu 5 millions de dollars de pots de vin dans le cadre du scandale de corruption Petrobras.

Les révélations récentes et étayées de la justice sur ses comptes bancaires non-déclarés en Suisse ont renforcé les soupçons à son encontre.

Si une procédure de destitution devait finalement être soumise aux députés, elle devrait être évaluée par une commission et obtenir le soutien des deux tiers des élus.

La présidente serait alors écartée de son mandat pendant un maximum de 180 jours et il reviendrait au Sénat de la juger sous le contrôle du président de la Cour suprême.

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