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13/10/2015 12:18 EDT | Actualisé 13/10/2016 01:12 EDT

Birmanie: vote annulé dans des régions rebelles, législatives maintenues au niveau national

La Birmanie a annoncé mardi l'annulation des législatives du 8 novembre dans plusieurs régions en proie à des affrontements entre l'armée et des groupes rebelles, mais a néanmoins maintenu le scrutin au niveau national.

La commission électorale a reconnu ne "pas être capable" d'assurer l'ouverture des bureaux de vote dans ces régions du nord du pays alors même que le gouvernement espère encore parvenir à la signature d'un cessez-le-feu partiel jeudi avec certaines minorités ethniques rebelles.

La commission électorale a réuni mardi les principaux partis à Naypyidaw, la capitale administrative pour sonder les partis quant à un éventuel report national du scrutin.

"Après examen des avantages et inconvénients à reporter la date des élections, la commission a décidé de maintenir le scrutin le 8 novembre", a annoncé un bulletin télévisé officiel dans la soirée, après plusieurs heures d'incertitude.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi, donnée grande gagnante des élections, s'était offusquée de ce possible report de l'ensemble du scrutin.

L'annulation dans les régions rebelles est quant à elle motivée par des raisons de "sécurité". "Certains villages sont soumis à des restrictions de sécurité et nous sommes inquiets pour la sécurité", a déclaré à l'AFP Tun Aung Khaing, représentant de la Commission électorale en Etat Kachin.

La commission électorale a annoncé que le scrutin ne pourrait avoir lieu dans plus de 400 villages au total, principalement en Etats Kachin, Shan et Karen.

L'opposante Aung San Suu Kyi a concentré ses déplacements électoraux sur les six grandes régions où vivent les principales minorités ethniques, des Kachins aux Shans, réservoirs de voix clef pour le scrutin.

En effet, les quelque 135 minorités ethniques du pays composent au total un tiers de la population.

L'annonce de cette annulation partielle vient s'ajouter à des doutes émis depuis des semaines sur la capacité des autorités à organiser ce scrutin, dans un pays où l'administration est encore très défaillante.

Les législatives du 8 novembre sont présentées par le gouvernement de transition, mis en place après l'autodissolution de la junte militaire en 2011, comme le premier scrutin démocratique depuis un quart de siècle en Birmanie.

Mais, entre les résistances de certains généraux convertis en surface aux réformes et les faiblesses logistiques de l'administration birmane, la tenue du scrutin est de plus en plus incertaine, à moins d'un mois du scrutin.

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