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13/10/2015 06:31 EDT | Actualisé 13/10/2016 01:12 EDT

Afghanistan: poursuite des heurts après une nouvelle offensive des talibans

Des tirs sporadiques secouaient mardi les alentours de Ghazni, grande ville du sud afghan où les forces gouvernementales ont repoussé la veille une offensive des talibans, deux semaines après leur assaut victorieux contre une autre capitale provinciale, Kunduz, dans le nord du pays.

Cette offensive contre Ghozni, capitale de la province éponyme, au sud de Kaboul, a relancé les inquiétudes sur la volonté de la rébellion islamiste de progresser au-delà de ses fiefs ruraux du sud du pays et de s'en prendre pour la première fois depuis 2001 à de grands centres urbains.

Les rues de Ghazni étaient désertes mardi, au lendemain de l'offensive qui a vu environ 2.000 insurgés converger vers la ville, dont ils se sont approchés à moins de 5 kilomètres, selon le vice gouverneur de la région, Mohammad Ali Ahmadi.

"Mais ils ont rapidement été repoussés par les forces afghanes" après l'arrivée de renforts en provenance de provinces voisines, a-t-il précisé à l'AFP.

De nombreux habitants paniqués ont tenté de fuir vers Kaboul.

Cette offensive intervient deux semaines après la brève conquête de Kunduz par les talibans, leur plus grande victoire depuis 2001, et d'autres attaques contre des capitales régionales dans le nord du pays.

A Kunduz, dont les forces afghanes affirment avoir repris le contrôle, les talibans ont affirmé mardi s'être retirés stratégiquement des principaux carrefours, marchés et bâtiments gouvernementaux.

Des soldats afghans, soutenus par des forces spéciales de l'Otan, continuent néanmoins à passer la ville au peigne fin, pour en chasser des groupes d'insurgés retranchés chez des habitants.

La chute de Kunduz le 28 septembre a constitué un échec cuisant pour les troupes afghanes formées par l'occident, qui se sont retrouvées presque seules face à l'ennemi depuis la fin de la mission de combat de l'Otan en décembre.

- Emprise sur le nord -

La multiplication des affrontements dans les provinces voisines du Badakhshan et de Takhar laisse craindre que l'offensive de Kunduz n'ait inauguré une nouvelle stratégie des insurgés islamistes visant à renforcer leur emprise sur le nord du pays.

Les talibans ont ainsi tenté la semaine passée de conquérir Maïmana, capitale de la province de Faryab, mais ils ont été repoussés par l'armée afghane appuyée par des milices pro-gouvernementales.

Au cours des derniers mois, les rebelles islamistes ont redoublé leurs attaques à travers le pays.

Dimanche, ils avaient pris pour cible un convoi militaire britannique, en pleine heure de pointe à Kaboul, blessant au moins trois civils. Et lundi, ils ont menacé deux des principales chaînes de télévision afghanes, Tolo et 1TV, qualifiées de "cibles militaires" légitimes pour avoir accusé les talibans de s'être livrés à des viols durant les combats à Kunduz.

Par ailleurs, les forces de l'Otan ont subi un autre revers lorsqu'un hélicoptère s'est écrasé accidentellement lundi, entraînant la mort de cinq membres de l'Otan, dont un contractant civil français.

L'Otan est sous pression depuis que des frappes aériennes américaines, menées en soutien aux forces afghanes et de l'Otan, ont touché un hôpital de Médecins sans frontières (MSF).

Le raid avait fait au moins 22 morts, dont 12 employés de l'ONG, la semaine dernière.

Les Etats-Unis ont annoncé samedi leur intention d'indemniser les victimes du bombardement américain et de participer à la reconstruction de l'hôpital.

Mais MSF, qui réclame une enquête internationale impartiale sur cette tragédie, a rejeté toute aide américaine, en vertu de sa politique de financement excluant tous fonds gouvernementaux.

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