DIVERTISSEMENT
08/10/2015 04:24 EDT | Actualisé 11/10/2015 11:19 EDT

L'album «Spring»: un printemps pour Susie Arioli (ENTREVUE)

Marianne Larochelle

La chanteuse de jazz Susie Arioli est une femme extrêmement dynamique, on le savait déjà. Après tant d’années, elle est toujours aussi énergique et emballée de présenter son nouveau bébé intitulé Spring. Or, ce neuvième album dénote quelques particularités, à commencer par les quatre chansons signées de sa plume. Pour Arioli, ce Spring est une sorte de renouveau. Rencontre.

Dans un français persillé çà et là de mots et d’expressions anglophones, Arioli clarifie une chose importante au début de l’entrevue : « I know, ça peut paraître étonnant. Bien des personnes pensent que j’ai d’une manière ou d’une autre participé à l’écriture de certaines chansons dans le passé. C’est en partie pour ça que je ne suis pas fucking millionnaire ! Si toutes ces chansons étaient les miennes, ouf… Si j’avais écrit la moitié des morceaux, I’d be really really really rich. (rires). »

« Mais, je n’étais juste pas rendu là. Et l’interprétation c’était déjà beaucoup de travail. Honnêtement, je me suis posé plein de questions sur la valeur du travail d’une interprète. Mais en même temps, j’adore chanter les pièces des autres. Anyway. L’écriture est arrivée soudainement. J’avais quelques mélodies en tête et elles sont sorties, cette fois. »

Cette démarche spontanée a donné naissance à quatre morceaux – Spring, Loverboy, Someone Else et Can’t Say No – qui sont parsemés sur l’album. Sans en faire tout un plat, Arioli admet qu’elle est émue, avec du recul, de constater qu’elle a des chansons de son propre cru. Pour le reste, huit morceaux empruntés à Ellas McDaniel, Earl King Irving Gordon et Benny Carter, pour ne nommer que ceux-ci.

« Ces quatre chansons proviennent de brefs moments d’inspiration qui sont venus durant les quelques mois avant l’enregistrement de l’album, à l’été. J’avais un téléphone portable qui me permettait d’enregistrer ma voix et c’est venu naturellement… Je ne sais pas écrire la musique. Alors, j’ai fredonné des mélodies sur mon cellphone. Ensuite, j’ai fait entendre ça à un ami guitariste (Jim Bland), qui a ajouté des parties. On a développé la musique ensemble. »

Don et John

Réalisé par le très respecté John Snyder (Chet Baker, Charlie Haden, Etta James), l’album a été enregistré durant l’été au studio Inception Sound, à Toronto. Durant les sessions, Susie Arioli était entourée de nouveaux musiciens (à noter que cette fois, son fidèle comparse, le guitariste Jordan Officer, n’était pas de l’aventure), et du jazzman canadien Don Thompson, qui s’est occupé pour sa part de tous les arrangements.

« C’est grâce à John que j’ai pu travailler avec Don. [Ce dernier] est un homme sensible et très compétent. Il a fait des trucs étonnants avec les chansons. Il s’est approprié mes affaires et il a fait un très beau job. Il a notamment incorporé des cuivres (comme sur Dearest Darling). Je n’avais pas parlé de ça. Sinon, durant quelques secondes, quelque part. Moi, je ne savais pas à quoi m’attendre quand je suis arrivé en studio. Finalement, c’était wow ! C’est drôle comment certains morceaux ont un feeling latino ou blues. »

« Au fond, tout est bien tombé, poursuit la chanteuse. Je n’étais pas vraiment prête à assumer la réalisation. John avait déjà fait mon troisième disque (That's For Me)... Il m’a encouragé beaucoup avec les nouvelles chansons. Il est hot. Il est généreux. Il travaille avec des jeunes tout comme avec des étoiles du jazz. Il y a ben du monde qui profite de lui (rires). Moi, j’en ai profité un peu aussi !»

En plus d’être entouré d’hommes extrêmement compétents, Arioli a maintenant entre les mains toutes les partitions (solfège) des pièces qui se retrouvent sur Spring. « Pour mes musiciens, c’est écoeurant. Ils vont pouvoir se fier sur ça pour les shows. C’est plus respectueux envers leur travail. Avant, je me fiais toujours à leur grand sens d’improvisation. »

Contrairement à la période en studio, Susie Arioli ne pourra trimballer autant de musiciens en tournée. Cela dit, elle sera entourée de sept personnes, dont trois joueurs de cuivres, un batteur et guitariste. Quand même. Pour de rares occasions, elle dit pouvoir proposer une formule trio.

À son grand bonheur, Susie Arioli a déjà plusieurs concerts de prévus à son horaire, dès le début de l’année 2016: « Je suis très heureuse de constater que les bookers, tout comme les spectateurs, me restent fidèles. C’est réconfortant de voir qu’il y a toujours de l’intérêt pour mon travail. Je ne tiens pas à être toujours sur scène. J’aime la vie à l’extérieur de la musique, believe me ! Mais la musique, c’est beaucoup pour moi… It’s awesome ! »

Susie Arioli

Spring, sous Spectra Musique

Sortie le 9 octobre

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