POLITIQUE
11/10/2015 07:28 EDT | Actualisé 11/10/2015 07:28 EDT

Essence: Gilles Duceppe s'interroge sur le bien fondé du prix en fraction de sou

CP

ROUYN-NORANDA _ Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'interroge sur le bien-fondé de permettre aux sociétés pétrolières de vendre de l'essence au détail selon une monnaie qui n'existe pas, soit des fractions de sou.

Dans une entrevue exclusive accordée à La Presse Canadienne, dimanche, M. Duceppe a dit vouloir demander au Bureau de la concurrence de se pencher sur ce droit accordé exclusivement aux sociétés pétrolières d'ajouter à leur prix une fraction de sou, alors que le sou lui-même a été retiré de la circulation.

"C'est un peu comme quand on nous dit 99,99$ pour ne pas dire 100,00$, mais 99,99$ ça existe alors que 99,99.5$, ça n'existe pas", a illustré le chef bloquiste.

Le Bloc a déjà fait part de son intention de réclamer l'octroi de pouvoirs élargis au Bureau de la concurrence afin que celui-ci puisse déclencher de son propre chef des enquêtes, sans qu'une plainte ne lui soit soumise.

Or, la question du prix au détail et spécifiquement cette pratique, qui n'est qu'une stratégie de mise en marché à laquelle personne d'autre ne se livre, devrait également être soumise au Bureau, selon lui.

"On devrait s'en tenir à deux décimales après le point", a-t-il conclu.

Paradis fiscaux

Par ailleurs, Gilles Duceppe estime que le Comité des finances devrait déclencher une vaste enquête sur la question des paradis fiscaux et y convoquer les institutions financières, qui y sont les principaux déposants.

"On les invite de façon volontaire et, s'ils ne viennent pas, on les force à témoigner à ce moment-là avec un un subpoena", a-t-il ajouté en faisant référence au refus qu'ont opposé les institutions financières de participer à une démarche similaire initiée par l'Assemblée nationale à Québec.

De plus, le chef bloquiste voudrait voir le Canada mettre fin aux ententes fiscales avec les pays considérés comme des paradis fiscaux et signer la convention de l'OCDE qui porte sur le sujet (la Base Erosion and Profit Shifting Initiative).

Statistique Canada a déjà estimé à 200 milliards $ les sommes annuelles qui échappent au fisc canadien en étant réorientées vers des paradis fiscaux.

Dans un autre ordre d'idée, M. Duceppe s'est montré prudent face à la participation sans précédent au vote par anticipation.

"J'espère un plus haut taux de participation qu'à la dernière", a-t-il indiqué, faisant référence au taux plutôt anémique de 61,1 pour cent à l'élection de 2011.

Le chef bloquiste a fait valoir qu'il serait téméraire de tenter de prédire le taux final à partir du vote par anticipation puisque, cette fois, quatre jours ont été réservés au moment d'une longue fin de semaine et que la saison de la chasse s'ouvrait dans les régions, ce qui amène beaucoup d'électeurs aux urnes afin d'être libérés pour cette activité.

Vaste territoire

Au troisième jour de son blitz régional aéroporté, Gilles Duceppe a pu mesurer l'ampleur du territoire que doit parcourir son candidat dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou: Luc Ferland attendait son chef à Chibougamau, alors que ce dernier s'était envolé tôt le matin de Chicoutimi.

Un plafond trop bas a toutefois empêché l'avion de se poser dans la municipalité nordique, entraînant un détournement vers la prochaine escale, Val d'Or. son arrivée, M. Duceppe n'a donc pu être accueilli par son candidat puisque Luc Ferland, qui devait prendre l'avion à Chibougamau avec lui, se retrouvait alors à quatre heures de route!

Avec plus de 850 000 kilomètres carrés, cette circonscription est la plus grande à l'intérieur d'une province et la troisième en superficie de tout le Canada, derrière celles de Nunavut et de Territoires-du-Nord-Ouest.

La tournée de quatre jours du chef bloquiste aura mené celui-ci successivement dans les villes de Baie-Saint-Paul, Rimouski, Matane, Gaspé, Baie-Comeau, Chicoutimi, Val d'Or, Rouyn-Noranda et Mont-Laurier avant de revenir dans la métropole.