POLITIQUE
10/10/2015 09:07 EDT | Actualisé 10/10/2015 09:07 EDT

Après s'être vu refuser ce droit, un Canadien expatrié à Washington a pu voter

Sadeugra via Getty Images
A man casting his vote. The Canadian flag is in front of the ballot box

TORONTO _ Un Canadien qui vit depuis plusieurs années aux États-Unis a finalement pu voter dans son ancienne circonscription de résidence, samedi, après qu'Élections Canada lui eut refusé ce droit la veille.

Will Gartshore, qui vit maintenant à Washington, a rapporté avoir reçu un appel samedi matin d'un responsable local de Sault-Sainte-Marie, en Ontario, lui confirmant son droit de vote.

"C'est génial d'avoir gagné cette bataille pour exercer mon droit de me prononcer sur cette élection, particulièrement dans une circonscription où la course est très serrée", a-t-il dit à La Presse Canadienne, une vingtaine de minutes après avoir déposé son vote par anticipation.

Comme 1,4 million d'autres Canadiens, Will Gartshore a perdu son droit de voter de l'étranger parce qu'il a quitté le Canada il y a plus de cinq ans. Cette règle adoptée en 1993 n'a été mise en application que depuis que les conservateurs sont au pouvoir.

Par contre, une autre section de la Loi électorale du Canada permet aux expatriés de voter en personne dans leur ancienne circonscription, en montrant des preuves de leur ancienne adresse. Ils peuvent voter par anticipation ou le jour du scrutin général.

M. Gartshore, qui visitait ses parents à Sault-Sainte-Marie, a tenté de voter vendredi. Mais bien que les responsables locaux aient voulu l'aider, ils ont conclu qu'il ne pouvait voter par anticipation et l'ont référé au bureau d'Élections Canada. Trois heures plus tard, M. Gartshore, frustré, a quitté après que les autorités lui eurent refusé d'exercer son droit de vote.

"Le mot "répression" est apparu dans mon esprit", a-t-il confié quand il a été contacté par un journaliste, tard vendredi.

Chez Élections Canada, à Ottawa, un responsable a expliqué qu'il semblait qu'un employé se soit trompé. "On dirait qu'une erreur a été commise. Nous allons joindre l'électeur pour comprendre ce qui s'est passé."

Après un appel d'un responsable électoral, samedi, Will Gartshore a été en mesure de déposer son bulletin de vote dans l'urne.

Le cas de M. Gartshore n'est pas le seul à avoir retenu l'attention. L'application de règles pour les Canadiens à l'étranger a soulevé l'ire de nombreux expatriés qui sentent leur droit bafoué. Deux ont même porté leur cause jusqu'en Cour suprême. Un autre se présente dans la circonscription albertaine de Stephen Harper pour démontrer l'ironie des lois, qui l'empêchent de voter mais lui permettent d'être candidat.