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Les libéraux couronneront-ils leur remontée?

Il s’est passé quelque chose lors de cette première semaine d’octobre.

Il est difficile de dire ce que c’est, mais les libéraux ont gagné du terrain dans les sondages et ils défient maintenant les conservateurs même au chapitre des sièges.

Comparativement à la place qu’ils occupaient début août, la poussée des libéraux est majeure.

Nous parlons de huit à 10 points à l’échelle du pays, et même davantage dans certaines provinces. La hausse observée au cours de la dernière semaine est particulièrement visible en Ontario, où les libéraux ont été en tête dans chaque sondage, parfois par une marge suffisamment importante pour les rendre compétitifs.

Cela dit, les conservateurs demeurent dans le coup et pourraient remporter la victoire en mettant la main sur la plupart des sièges dans l’Ouest. En outre, ils ont davantage profité de la chute du NPD au Québec que les libéraux, et des gains dans cette province sont certainement possibles.

Ci-dessous figurent les prévisions du moment. Elles reposent sur les plus récents sondages publiés en octobre. Les calculs tiennent compte des résultats des élections passées et des sondages actuels (tant à l’échelle nationale qu’à celle des circonscriptions) de façon à prédire le vainqueur dans chacune des 338 circonscriptions. Elles incluent les impacts régionaux et de titularisation. Les intervalles de confiance et les chances de l’emporter sont obtenus au moyen de 5000 simulations tenant compte de l’incertitude des résultats des sondages de même que de la distribution des voix et du système électoral. En d’autres termes, ces simulations visent à inclure chaque scénario possible, compte tenu des informations dont nous disposons actuellement.

Notre modèle n’est pas prêt à parler d’une course 50-50 (contrairement aux autres prévisions qui placent même les libéraux en avance), mais ça commence à être plus serré. Nous croyons encore que les libéraux ne disposent pas d’une avance suffisante en Ontario. De plus, les sondages ont constamment sous-estimé les titulaires lors des récentes élections, incluant en 2011. Cependant, la tendance est certainement en faveur des libéraux.

Est-ce parce que de nombreux supporteurs du NPD passent maintenant dans le camp libéral dans l’espoir de défaire Stephen Harper? Possiblement. Expliquer le vote des gens est beaucoup plus ardu que de faire des prévisions de sièges, et nous ne voulons pas trop faire de suppositions.

Afin de remporter une élection fédérale canadienne, un parti doit dominer dans au moins deux provinces. Le tableau ci-dessous montre les probabilités pour chaque parti de remporter le plus de sièges dans chaque province.

Comme nous pouvons le constater, les prévisions laissent actuellement penser que plusieurs provinces iront certainement à un parti. Peu seront étonnés de voir que l’Alberta devrait élire une majorité de députés conservateurs, mais les pourcentages au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique sont plus intéressants.

Au Québec, le NPD est encore susceptible de gagner une majorité de sièges malgré une chute d’environ 20 points. Pour une fois, le système électoral et le panachage jouent en faveur de ce parti. Le fait que le Bloc semble demeurer à 20 % ou moins aide de toute évidence. Les conservateurs et les libéraux se font la lutte pour obtenir le plus de voix, mais leur soutien est trop concentré pour défier le NPD partout. On a beau parler d’effondrement du NPD au Québec, il demeure possible que le parti y obtienne facilement 40 sièges.

L’Ontario offre actuellement la course la plus serrée entre libéraux et conservateurs. Les libéraux sont premiers dans les sondages et les prévisions, mais ça peut difficilement être plus serré quand on s’attarde aux sièges. Un coup d’oeil aux sondages dans les circonscriptions confirme les prévisions. Comme d’habitude en politique canadienne, l’Ontario sera fort probablement la province décisive.

La Colombie-Britannique n’a pas autant retenu l’attention que le Québec et l’Ontario, mais on y observe la seule course à trois au pays. Les trois partis se trouvent à environ 30 %, et chacun a une chance de remporter le plus de sièges. La province pourrait décider si les libéraux couronneront leur remontée en défaisant les conservateurs. Ou, si l’Ontario décide de demeurer en bleu, elle pourrait déterminer qui finira deuxième.

Les 10 derniers jours de cette campagne seront très intéressants.

Justin Trudeau devra décider si ses chances sont meilleures en Ontario, en Colombie-Britannique ou au Québec. Tout comme Stephen Harper. En ce qui concerne Thomas Mulcair, l’Ontario semble être une cause perdue, et il se concentrera probablement sur le Québec et la Colombie-Britannique. Il n’est plus dans la course pour la première place, mais il demeure dans celle pour la deuxième — et terminer deuxième pourrait être important.

Bryan Breguet a un baccalauréat ès sciences en économie de la politique et une maîtrise ès sciences en économie de l’Université de Montréal. Il a fondé en 2010 TooCloseToCall.ca où il fournit des analyses et projections électorales. Il a collaboré avec le National Post, Le Journal de Montréal et l’Actualité.

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l'anglais par Philippe Zeller.

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