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« Est-ce que je compte, maintenant? », demandent des femmes autochtones

Des femmes autochtones d'Iqaluit, au Nunavut, ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour interpeller Stephen Harper en mettant en opposition l'intérêt qu'il porte aux femmes musulmanes voilées par rapport à celui qu'il porte aux femmes autochtones disparues.

Ces Inuites ont décidé de se voiler le visage avec des fourrures, des foulards ou d'autres objets et ont publié des photos d'elles sur Facebook et Twitter avec le slogan « Do I matter now? », en français : « Est-ce que je compte, maintenant? ».

Ce sont deux résidentes d'Iqaluit, Karen Kabloona et Lena Aittauq, qui sont à l'origine de la campagne. D'autres ont emboîté le pas, comme Alethea Arnaquq-Baril.

Faisant allusion au débat entourant le port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté canadienne, Mme Arnaquq-Baril témoigne dans un texte publié en ligne de son soutien envers les femmes musulmanes tout en dénonçant l'attitude du chef conservateur envers les femmes autochtones.

« Les femmes autochtones se battent pour le droit d'être en sécurité et pour avoir le contrôle sur leur corps, et au lieu de lancer une enquête pour lever le voile sur le racisme systémique à l'origine de l'épidémie des femmes autochtones disparues, Harper attaque nos sœurs musulmanes pour ce qu'elles choisissent de porter », écrit-elle.

« Monsieur le premier ministre Harper, c'est mon corps, ce sont mes vêtements, et MA décision. Tu ne me distrairas pas des enjeux qui m'importent réellement, à moi, en tant que Canadienne. En solidarité avec nos sœurs musulmanes », poursuit-elle.

Karen Kabloona, publie quant à elle ceci : « Nos communautés ont assez souffert! En tant que femme inuk ayant des filles inuites, je veux savoir ce que ça prendra pour qu'il y ait une enquête. Les vies inuites ont de l'importance. Ai-je besoin de couvrir mon visage pour avoir votre attention? »

Femmes et filles autochtones disparues et assassinées

Les femmes autochtones sont trois fois plus à risque de violence que les autres Canadiennes et surreprésentées parmi les femmes disparues et assassinées au pays. En 2014, on a appris que leur nombre - 1186 en 30 ans - dépasse les estimations précédentes, qui avoisinaient plutôt les 600.

De nombreuses voix réclament une commission d'enquête nationale sur ce qu'elles considèrent être un phénomène sociologique, mais que le gouvernement conservateur voit plutôt comme des crimes, qu'une enquête publique ne résoudra pas.

Depuis l'été 2012, l'Assemblée des Premières Nations, d'autres organisations autochtones, des premiers ministres provinciaux et territoriaux, les commissions provinciales et territoriales des droits de la personne, Human Rights Watch et un rapporteur spécial de l'ONU réclament une commission d'enquête sur la question.

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