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09/10/2015 06:50 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

Syrie: Berlin et Madrid appellent Russie et USA à coopérer

Les ministres allemand et espagnol des Affaires étrangères ont appelé les Etats-Unis et la Russie à dialoguer et coopérer pour trouver une solution politique à la guerre en Syrie, vendredi lors d'une conférence de presse conjointe à Madrid.

"La priorité du moment est de rapprocher les Etats-Unis et la Russie", a dit le ministre allemand Frank-Walter Steinmeier. "Tant que les deux grandes puissances mondiales seront en conflit, nous n'arriverons pas à lancer un processus politique" en Syrie.

M. Steinmeier a défendu trois principes comme base de négociation: l'intégrité territoriale de la Syrie doit être maintenue, son avenir passe par un Etat laïc qui respecte les minorités religieuses et ethniques, et il faut mettre sur pied un gouvernement de transition tant que les institutions syriennes ne se sont pas complètement effondrées.

"Malgré l'activité militaire russe actuelle en Russie, il me semble que les Etats-Unis et la Russie ont toujours ces intérêts en commun et je plaide pour qu'ils continuent à se parler", a-t-il ajouté.

A son côté, le ministre espagnol, José Manuel García-Margallo, a insisté sur "la nécessaire collaboration" de tous les acteurs engagés dans le dossier syrien. "Il est nécessaire que tous les acteurs collaborent, la Turquie, l'Arabie saoudite d'un côté, l'Iran de l'autre, et il est important de rechercher des formules de coopération entre la Russie et les Etats-Unies pour combattre l'ennemi", en Syrie, a-t-il dit.

La Russie, fidèle allié du régime de Bachar al-Assad, mène depuis le 30 septembre une campagne de frappes en Syrie qui vise, selon elle, les groupes "terroristes" dont principalement celui de l'organisation Etat islamique (EI).

Mais les Etats-Unis - à la tête d'une coalition anti-EI qui mène depuis un an des frappes aériennes en Syrie - jugent que la Russie ne s'en prend pas en fait à l'EI ou aux groupes proches d'Al-Qaïda mais vise tous les opposants syriens, et consolide ainsi le régime de Bachar al-Assad.

"Le problème, c'est +que faire de Bachar al-Assad?+", au pouvoir depuis 2000 après avoir succédé à son père Hafez al-Assad, a dit M. Margallo. "Nous sommes d'accord, le gouvernement allemand et le gouvernement espagnol, pour dire qu'Assad ne peut pas faire partie de la solution définitive, étant donné ses antécédents criminels", a déclaré le ministre espagnol.

La guerre en Syrie a fait depuis mars 2011 plus de 240.000 morts et poussé à la fuite plusieurs millions de personnes.

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