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09/10/2015 09:59 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

Nobel: dirigeants et ONG saluent une impulsion au processus démocratique en Tunisie

Dirigeants et ONG ont salué vendredi l'attribution du Nobel de la paix au quartette pour la dialogue national en Tunisie, estimant que cette récompense renforcerait cette seule expérience démocratique, encore fragile, parmi les pays du "printemps arabe".

- Pour le président tunisien Béji Caïd Essebsi, ce prix prestigieux consacre le "chemin consensuel" choisi par son pays pour réussir sa transition politique."La Tunisie n'a pas d'autre solution que le dialogue malgré les désaccords idéologiques", a-t-il dit dans une vidéo sur la page Facebook de la présidence.

- Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a estimé que ce Nobel était "une inspiration pour la région et pour le monde".

Il a souligné que "la Tunisie avait réussi à éviter la déception et les espoirs gâchés qui ont marqué de manière tragique" d'autres pays du "Printemps arabe".

- L'attribution de ce Nobel "montre la voie pour sortir des crises dans la région: unité nationale et démocratie", s'est félicitée la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini sur son compte Twitter.

- Pour le président français François Hollande, le choix du comité Nobel norvégien "consacre la réussite de la transition démocratique" en Tunisie, berceau du "printemps arabe".

"C'est aussi un encouragement pour encore soutenir la Tunisie dans les épreuves qu'elle traverse", a-t-il ajouté, rappelant les récents attentats jihadistes. "Ce sont tous les printemps arabes qui sont aussi rappelés et celui de Tunisie a été le seul, reconnaissons-le, à avoir eu ce résultat avec des élections incontestables et une démocratie enfin établie".

- "Vive la démocratie tunisienne", a tweeté en français, en arabe et en anglais le Premier ministre français Manuel Valls.

- Le chef du gouvernement britannique David Cameron a félicité dans un tweet les lauréats, estimant que ce prix "contribue à faire de la Tunisie un phare d'espoir pour la région".

- La chancelière allemande Angela Merkel, citée jusqu'à la dernière minute comme l'un des favoris pour le prix, a estimé, par la voix de son porte-parole Steffen Seibert, que c'était une "récompense méritée pour le travail pour la démocratie, pour s'être accroché à l'idée qu'un peuple qui a rejeté une dictature mérite mieux qu'une nouvelle dictature".

- Amnesty International a estimé que le prix constituait "une reconnaissance du rôle clé que la société civile peut jouer dans les pays émergeant d'années de dictature (...)".

"Alors que la menace d'attaques de groupes armés pèse sur la Tunisie", ce prix est "un signal d'espoir pour un pays qui fait face à d'énormes défis à l'avenir", a affirmé Salil Shetty, secrétaire général d'AI.

- En Egypte, où l'ex-chef de l'armée a destitué en 2013 le président islamiste élu Mohamed Morsi, Ahmed Samih, directeur de l'ONG Andalus Institute for Tolerance and anti-Violence Studies a estimé que le choix de l'instance tunisienne "montre que les ONG peuvent (...) renforcer la démocratie dès qu'elles en ont la possibilité. Cela encourage également la répétition de ce scénario dans la région".

- Pour la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, ce prix constitue "un appel à soutenir toutes les forces de la société civile qui luttent pour la démocratie, le pluralisme et l'Etat de droit".

"La Tunisie incarne un espoir, pour le monde arabe et bien au-delà, et ce prix nous appelle tous à la soutenir davantage", a-t-elle ajouté.

- "Le comité du Nobel a pris une excellente décision", a déclaré à l'AFP l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari, lui-même lauréat du prix en 2008.

"Je crois que ce prix va encourager les Tunisiens à aller de l'avant et renforcer le processus de changement qui se produit" dans le pays, a-t-il ajouté.

- La FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme) s'est félicitée "de cette reconnaissance internationale du Quartet et du combat vital des Tunisiennes et des Tunisiens pour la démocratie, les libertés, la dignité et la justice".

"C'est un message d'espoir adressé à toutes les sociétés civiles de la région", a ajouté la fédération dont fait partie la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, membre du quartette.

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