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09/10/2015 07:23 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

Les Intifadas de 1987-1993 et de 2000-2005

Le chef du mouvement islamiste Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a estimé vendredi que les dernières violences en Cisjordanie étaient une nouvelle intifada.

Deux intifadas (soulèvements) ont marqué la révolte des Palestiniens contre l'occupation israélienne:

-- L'INTIFADA DES PIERRES(1987-93) --

Le 8 décembre 1987, quatre Palestiniens du camp de Jabaliya, dans la bande de Gaza, meurent écrasés par un camion israélien. Le lendemain, les huit camps de réfugiés de ce territoire entrent en ébullition.

C'est le début de l'intifada "des pierres", qui se répand comme une traînée de poudre dans les territoires occupés et durera six ans jusqu'à la reconnaissance mutuelle entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Pour la première fois depuis le début du conflit israélo-arabe quarante ans auparavant, le peuple palestinien de Cisjordanie et de Gaza --alors un million et demi d'habitants-- est en guerre contre Israël.

Le gouvernement israélien accuse la Syrie, l'Iran et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) d'être à l'origine des troubles. En réalité, l'intifada est un mouvement populaire exprimant la frustration palestinienne après 21 ans d'occupation et le soulèvement a surpris la direction de l'OLP alors installée à Tunis.

Les rues des villes et des bourgades, les ruelles des camps de réfugiés, les terrasses, les minarets des mosquées servent de champ de bataille à des milliers de jeunes de 10 à 25 ans.

Mal préparées à des tâches de maintien de l'ordre, les forces d'occupation israéliennes ripostent par des tirs à balles réelles aux jets de pierres et de bouteilles incendiaires.

En six ans, 1.258 Palestiniens sont tués par des militaires ou des colons israéliens, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources palestiniennes. Environ 150 Israéliens périssent, pour la plupart vers la fin de l'Intifada après un durcissement du soulèvement sous l'impulsion d'organisations comme le Hamas tout juste créé et le Jihad islamique.

Le 13 septembre 1993 sont signés à Washington les accords d'Oslo sur l'autonomie palestinienne. Le 24, l'OLP ordonne à ses activistes de cesser toutes opérations militaires contre l'armée israélienne.

-- L'INTIFADA AL-AQSA (2000-2005) --

Le 28 septembre 2000, deux mois après l'échec du sommet de Camp-David, aux Etats-Unis, censé parvenir à un règlement final du conflit israélo-palestinien, Ariel Sharon alors chef de l'opposition de droite se rend sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Le lendemain, la police israélienne tire sur des manifestants sur l'esplanade, tuant cinq Palestiniens sur place et deux autres dans la ville.

Le 30 septembre, la mort filmée de Mohammad al-Dourra, 12 ans, tué dans les bras de son père, deviendra le symbole de l'"Intifada Al-Aqsa", du nom de la principale mosquée située sur l'esplanade.

Elle est beaucoup plus meurtrière que la première, avec quelque 4.700 morts à plus de 80% Palestiniens en près de cinq ans. Elle est marquée par de sanglants attentats suicide en Israël et des attaques armées contre des militaires ou des colons en territoires occupés. Plus de 2.000 maisons palestiniennes sont dynamitées par l'armée.

Le chef de l'OLP Yasser Arafat est confiné dès décembre 2001 à Ramallah qu'il quitte en octobre 2004 pour la France, où il décède peu après.

L'armée israélienne multiplie les opérations et réoccupe la quasi-totalité de la Cisjordanie. Elle utilise pour la première fois depuis 1967 des avions de combat pour bombarder les Palestiniens. Elle liquide en 2004 le fondateur et chef du Hamas dans la bande de Gaza cheikh Ahmad Yassine puis son successeur Abdelaziz Al-Rantissi.

Ariel Sharon, devenu Premier ministre d'Israël, lance en juin 2002 la construction d'une barrière de sécurité en Cisjordanie puis en 2004 le retrait de Gaza, effectif en septembre 2005.

Le 8 février 2005, MM. Sharon et Abbas, successeur d'Arafat, annoncent l'arrêt des violences.

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