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09/10/2015 09:17 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

Le Nobel, un "hommage aux martyrs de la Tunisie démocratique" (syndicat UGTT)

L'attribution du Nobel de la paix au Dialogue national est un "hommage aux martyrs de la Tunisie démocratique", a déclaré vendredi le syndicat de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), fondateur de ce forum primé.

"Cet effort fourni par notre jeunesse a permis au pays de tourner la page de la dictature" de Zine el Abidine Ben Ali, a déclaré à l'AFP Houcine Abassi, le secrétaire général de l'UGTT, très ému.

C'est l'effort aussi "des partis politiques qui ont accepté d'être à la table de négociation pour trouver des solutions aux crises politiques", a souligné ce responsable de l'UGTT, centrale syndicale à l'origine du dialogue national qui a aussi rassemblé en 2013 la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, l'UTICA (patronat) et l'Ordre des avocats.

Interrogé par l'AFP, Fadhel Mahfoudh, bâtonnier de l'Ordre des avocats, s'est félicité d'une récompense au "processus entrepris par le peuple tunisien, qui a rêvé de la démocratie et des droits de l'homme". Ce prix "donne un nouveau souffle à la transition démocratique dans le pays", a-t-il jugé.

"C'est une fierté pour la Tunisie, qui a prouvé que c'est le dialogue qui sauve le pays des crises et non les armes", a également commenté le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), Abdessattar Ben Moussa.

La présidente de l'UTICA, la principale organisation patronale également membre du quartette Dialogue national, Wided Bouchamaoui, a aussi évoqué "une grande fierté" pour le peuple tunisien. "Aujourd'hui nous sommes nés une seconde fois", a-t-elle dit, dans une déclaration à la radio privée Mosaïque FM.

Premier président démocratiquement élu au terme du processus de transition politique, fin 2014, Béji Caïd Essebsi s'est réjoui d'une récompense "méritée", estimant qu'elle consacrait "le chemin consensuel" choisi par son pays.

"La Tunisie n'a pas d'autre solution que le dialogue malgré les désaccords idéologiques", a souligné M. Caïd Essebsi, 88 ans, dans une vidéo postée sur la page officielle Facebook de la présidence.

"La guerre que nous menons contre le terrorisme, nous ne pourrons la remporter que si nous sommes tous ensemble", a encore fait valoir le président, alors que la démocratie naissante est actuellement confrontée à de graves menaces sécuritaires, notamment du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

"Nous devons tous être unis sans écarter personne", a insisté l'ancien ministre du défunt président Habib Bourguiba, qui, selon la présidence, avait écrit au comité Nobel en janvier dernier pour soutenir la candidature du Quartette.

En 2013, deux ans après le renversement de Ben Ali, l'assassinat de deux opposants de gauche avait plongé le pays dans une profonde crise, des milliers de manifestants réclamant la chute du gouvernement de la Troïka dirigée par les islamistes d'Ennahda, vainqueur des premières élections démocratiques en octobre 2011.

Les efforts de l'UGTT sont largement reconnus dans la classe politique comme ayant permis d'empêcher une polarisation de la société entre islamistes et anti-islamistes et éviter au pays le chaos, à l'instar d'autres Etats du Printemps arabe.

"J'espère que cet hommage sera un stimulant pour l'ensemble du peuple arabe, notamment les pays qui vivent dans le danger et la guerre", a encore commenté vendredi le secrétaire général du syndicat.

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