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09/10/2015 07:20 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

La justice française place en détention le fils d'un chef historique de l'ETA

Le fils d'un chef historique de l'organisation séparatiste basque espagnole ETA a été placé en détention dans la nuit de jeudi à vendredi en France, où il avait été interpellé mardi après 12 ans de cavale, a-t-on appris de source judiciaire.

Egoitz Urruticoecha, 41 ans, avait été arrêté à Saint-Denis, au nord de Paris. Il a été placé en détention en exécution de mandats d'arrêt consécutifs à trois condamnations, prononcées en son absence par des tribunaux français.

Egoitz Urruticoecha est le fils de Jose Antonio Urruticoechea Bengoechea - dit "Josu Ternera" -, considéré comme le numéro un de l'ETA dans les années 1980 et qui vit dans la clandestinité depuis 2002.

En juillet 2007 et en janvier 2010, le tribunal correctionnel de Paris l'avait condamné deux fois à quatre ans de prison ferme, ses empreintes ayant été retrouvées dans un appartement utilisé par l'organisation séparatiste basque en France. En septembre 2010, c'est la cour d'appel de Paris qui avait prononcé une peine de six ans fermes.

Le père d'Egoitz, "Josu Ternera", 64 ans, dirigeait l'ETA à l'époque de l'une des actions les plus meurtrières de l'organisation séparatiste, un attentat perpétré à Saragosse en 1987 contre une caserne de la garde civile, qui avait fait 11 morts dont cinq enfants.

Arrêté en France en 1989, puis condamné à 10 ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris en 1990, "Ternera" avait été expulsé vers l'Espagne en 1996.

Il vit dans la clandestinité depuis 2002, après avoir refusé de comparaître à deux reprises devant le Tribunal suprême espagnol.

L'interpellation d'Egoitz Urruticoecha est un nouveau coup porté à l'ETA après les arrestations, le 22 septembre, de trois autres membres de l'organisation, dans le sud-ouest de la France

L'organisation séparatiste a renoncé à la lutte armée en octobre 2011 mais refuse de se dissoudre, exigeant sans succès une négociation notamment pour régler la question des quelque 470 détenus de l'ETA incarcérés en France et en Espagne.

Elle est tenue pour responsable de la mort d'au moins 829 personnes lors d'attentats commis au nom de sa lutte pour l'indépendance du Pays basque et de la Navarre, à partir de 1968.

Elle ne compterait plus que quelques dizaines de membres actifs en liberté.

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