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09/10/2015 08:34 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

L'ONU soumet une liste de noms pour un gouvernement d'unité en Libye

L'ONU a proposé les noms du Premier ministre et des ministres appelés à faire partie d'un gouvernement d'union nationale en Libye, première étape d'un accord négocié âprement depuis des mois et censé sortir le pays du chaos.

L'émissaire des Nations unies pour la Libye Bernardino Leon a mis tout son poids pour trouver un terrain d'entente entre les deux autorités rivales dans le pays: celle de Tripoli sous la coupe de Fajr Libya, une coalition de milices, et celle de Tobrouk (est), reconnue par la communauté internationale.

Pour cette dernière, une issue à cette crise est indispensable pour espérer sortir le pays du chaos où il est tombé après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. L'économie s'est écroulée, le groupe jihadiste Etat islamique, déjà très actif en Syrie et en Irak, s'y est implanté et le pays sert de point de départ à des milliers de migrants traversant la Méditerranée vers l'Europe.

M. Leon a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi qu'un consensus avait été trouvé sur le nom d'un Premier ministre, Fayez el-Sarraj, et de 17 ministres dont deux femmes, et trois vice-Premiers ministres: Ahmad Meitig, Fathi el-Mejbri et Moussa el-Koni.

"Après une année d'efforts déployés (...) avec plus de 150 personnalités libyennes représentant toutes les régions, le moment est enfin venu pour que nous puissions proposer (une liste de noms pour) la formation d'un gouvernement d'unité nationale", a déclaré le diplomate espagnol au cours d'une conférence de presse à Skhirat, au Maroc, où se tiennent depuis mars les négociations.

Autres noms à avoir été choisis: ceux des cinq membres du Conseil présidentiel dont fait également partie M. Sarraj. Ce conseil sera dirigé par des personnalités indépendantes.

Selon M. Leon, les personnes dont les noms ont été proposés pour le gouvernement n'en sont pas encore membres. "Il faut qu'elles soient acceptées par les membres du conseil présidentiel", a-t-il expliqué.

- Un accord toujours attendu -

Cependant, avant cette étape, les deux Parlements rivaux doivent se pencher sur la liste proposée par l'ONU.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a félicité les participants au dialogue pour cette avancée.

"Il est temps maintenant pour les parties participant au dialogue politique d'approuver la proposition et de signer l'accord sans délai", a-t-il dit dans un communiqué.

Proposé comme Premier ministre, M. Sarraj, né en 1960 dans la capitale libyenne, est une personnalité connue pour être proche du Congrès général national (CGN), le Parlement siégeant à Tripoli.

Diplômé en gestion des affaires, il a été membre de l'autorité préparatoire pour le dialogue qui a tenté de rassembler les différents acteurs de la société libyenne en vue de mettre fin à la crise.

"Nous sommes convaincus que (la composition de ce gouvernement) peut réussir (...) Les Libyens doivent saisir cette chance historique pour sauver la Libye", a indiqué Bernardino Leon.

L'Union européenne a également parlé d'un "moment crucial" pour l'histoire du pays, estimant que les négociateurs libyens avaient fait preuve de "responsabilité, de leadership et d'esprit de consensus".

Mais elle a aussi rappelé qu'un accord final devait encore être approuvé.

"Nous attendons des parties libyennes qu'elles entérinent cet accord qui répond aux aspirations de paix et de prospérité du peuple libyen", a indiqué sa chef de la diplomatie Federica Mogherini dans un communiqué.

"L'Union européenne est prête à offrir son appui politique et financier - à hauteur de 100 millions d'euros - au nouveau gouvernement", a-t-elle ajouté.

Le président du Conseil européen Donald Tusk s'est lui aussi félicité du "pas positif accompli" alors que le ministre des Affaires étrangères britannique Philip Hammond évoquait "une véritable opportunité".

"La communauté internationale est prête à prendre des mesures contre ceux qui menaceraient d'utiliser la violence ou de bloquer cet accord", a indiqué M. Hammond.

Livrée aux milices après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye compte deux gouvernements se disputant le pouvoir mais est aussi le théâtre de combats entre les différents groupes armés sur le terrain.

Plus de trois millions de personnes ont été affectées par les conflits armés en Libye et plus de 2,4 millions ont besoin d'aide humanitaire, selon l'ONU.

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