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09/10/2015 13:51 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

L'immigration "ADN de l'Amérique", proclame John Kerry

L'immigration constitue "l'ADN de l'Amérique", qui s'est bâtie grâce aux vagues historiques de migrants, a jugé vendredi le secrétaire d'Etat John Kerry, en pleine crise migratoire en Europe et au coeur d'une controverse politique aux Etats-Unis sur l'immigration.

Le chef de la diplomatie américaine s'est félicité d'avoir annoncé il y a trois semaines que son pays allait accueillir 85.000 réfugiés -- dont 10.000 Syriens -- d'ici octobre 2016, un chiffre qui est censé grimper à 100.000 personnes à l'automne 2017, en "réponse à la crise migratoire syrienne".

"C'est vraiment une marque de fierté car dans son histoire le peuple américain a accueilli ceux qui avaient un besoin pressant d'être protégés. Cela fait partie de ce que nous sommes. C'est l'ADN de l'Amérique", a lancé M. Kerry lors d'une cérémonie au département d'Etat en l'honneur des "diasporas" du monde entier qui vivent aux Etats-Unis.

"C'est comme cela que la plupart dans ce pays sont arrivés ici", a rappelé le secrétaire d'Etat, dont la famille originaire d'Europe centrale et du Royaume-Uni avait émigré aux Etats-Unis à la charnière des 19e et 20e siècles.

"Les immigrés ont construit l'Amérique. Et ils continuent de faire ce que l'Amérique est aujourd'hui", a-t-il poursuivi, en allusion aux vagues successives d'arrivées de migrants aux Etats-Unis depuis le 17e siècle.

Critiquées en Europe et par des ONG aux Etats-Unis pour leur manque de réactivité face à la crise migratoire européenne, les autorités américaines ont annoncé en septembre une augmentation des capacités d'accueil de réfugiés, mais sans faire taire les critiques.

Des voix aux Etats-Unis invoquent des raisons de sécurité et la crainte du terrorisme jihadiste pour ne pas ouvrir davantage les portes aux réfugiés du Moyen-Orient.

En outre, le thème de l'immigration clandestine et notamment la cas de millions de sans-papiers venus du Mexique et de pays Amérique du Sud secoue la campagne pour la présidentielle 2016, avec notamment des déclarations à l'emporte-pièce du favori républicain Donald Trump.

John Kerry y a fait allusion vendredi.

"Il est amusant (de voir) que beaucoup de gens semblent ne pas le comprendre ou qu'ils ne veulent pas respecter notre propre histoire. C'est justement le droit d'être différent -- en termes d'origine, de race, de culture, de langue -- qui rassemble les Américains en un peuple (...) qui définit les Etats-Unis d'Amérique", a-t-il conclu.

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