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09/10/2015 05:19 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

L'EI gagne du terrain en Syrie

Le groupe armé État islamique (EI) s'est emparé vendredi de plusieurs villages au nord d'Alep, en Syrie, au cours d'une attaque-surprise.

Les militants islamistes se seraient emparés des villages de Tal Qrah, de Tal Sousin et de Kfar Qares, ce qui représenterait leurs gains les plus importants des derniers mois.

Ces villages étaient jusqu'à là occupés par d'autres insurgés.

Les djihadistes auraient aussi capturé une ancienne base militaire à une quinzaine de kilomètres au nord-est d'Alep que des insurgés avaient pris aux forces gouvernementales il y a deux ans.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les combattants de l'EI sont désormais à moins de deux kilomètres de la zone industrielle du nord d'Alep tenue par les forces de Bachar Al-Assad et leurs alliés.

Pendant ce temps, la presse officielle iranienne rapporte qu'un général de la puissante Garde révolutionnaire, Hossein Hamedani, a été tué près d'Alep, mais on ignore si sa mort est liée à l'offensive du groupe État islamique. Selon l'agence de presse iranienne IRAN, le général se trouvait en Syrie à titre de conseiller.

L'Iran est avec la Russie le principal allié du président syrien Bachar Al-Assad, qu'il soutient sur les plans militaire et économique. Téhéran, qui nie avoir déployé des forces militaires en Syrie, déclare fournir « des conseils militaires » aux forces pro-Assad.

Par ailleurs, une vingtaine d'explosions ont été entendues à Raqqa, une autre ville contrôlée par le groupe État islamique dans le nord de la Syrie. Selon l'OSDH, 14 combattants de l'EI ont été tués et plus d'une vingtaine blessés. L'origine des explosions n'est pas connue, mais le ministre français de la Défense a annoncé vendredi que son armée de l'air a bombardé un camp d'entraînement à Raqqa.

La Russie blâmée par l'Occident

Le conflit en Syrie a pris une tournure nouvelle avec l'arrivée de la Russie dans le conflit. Moscou multiplie depuis le 30 septembre les bombardements aériens et navals, mais elle est accusée par l'Occident de concentrer ses frappes sur les forces rebelles modérées hostiles au régime de Bachar Al-Assad et non sur les bases de l'État islamique.

« Nous avons une divergence stratégique [avec Moscou], ce n'est pas maintenant le moment de renforcer Al-Assad, c'est le moment est d'agir contre Daech (EI), qui est l'ennemi et la menace principale », a dit le ministre de la Défense français Jean-Yves Le Drian. Or, le déploiement militaire russe « ne vise pas Daech, il vise en priorité la sécurité de Bachar al Assad ».

Les bombardements russes entamés il y a dix jours se sont concentrés pour le moment sur les régions du nord-ouest et du centre de la Syrie où plusieurs groupes rebelles, dont le Front al Nosra lié à Al Qaïda et Ahrar al Cham, menaçaient directement le pays alaouite le long de la côte méditerranéenne, fief de la communauté de Bachar al Assad.

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahmane, seules 10 % des frappes russes ont effectivement visé des positions de l'EI.

De son côté, la Russie a déclaré vendredi avoir atteint 60 cibles du groupe État islamique au cours des dernières 24 h, au cours de 67 sorties aériennes.

Washington veut revoir son programme d'aide aux rebelles

Le président américain Barack Obama entend réviser l'approche de Washington concernant son soutien aux forces rebelles syriennes, a annoncé vendredi le secrétaire à la Défense américain Ash Carter.

Carter a laissé entendre que la nouvelle approche se concentrerait davantage sur les forces rebelles déjà présentent sur le territoire syrien plutôt que sur la formation dans des camps d'entraînement en Jordanie et en Turquie comme c'est le cas présentement.

La décision officielle sera annoncée plus tard le vendredi, a précisé le secrétaire à la Défense.