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09/10/2015 08:44 EDT | Actualisé 09/10/2015 08:52 EDT

L'EI avance vers Alep, profitant des raids russes contre les rebelles (VIDÉO)

Le groupe djihadiste État islamique (EI) a réussi vendredi une avancée éclair près d'Alep en Syrie, profitant de la confusion générale suscitée par les frappes russes dans les régions tenues par les rebelles dans le pays en guerre.

Sur un autre front, l'armée syrienne, revigorée par les frappes de son allié russe et du Hezbollah chiite libanais, a intensifié sa chasse aux rebelles dans des régions du nord-ouest où les combattants de l'EI ne sont pas présents.

Dans ce conflit complexe impliquant une multitude d'acteurs, la cible principale des raids de Moscou est pour le moment les groupes rebelles hostiles au régime et le Front al-Nosra, branche syrienne d'al-Qaïda, et seulement marginalement l'EI.

L'intervention le 30 septembre dans le conflit de Moscou, un allié du régime syrien de Bachar al-Assad, est critiquée par l'Occident qui l'accuse de vouloir secourir M. Assad, qui était en mauvaise posture, plutôt que de combattre les djihadistes.

Profitant des frappes russes sur les rebelles, l'EI a avancé rapidement en direction d'Alep après avoir chassé des groupes insurgés rivaux de localités au nord de cette deuxième ville de Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Il y a eu des dizaines de morts, a ajouté l'ONG. "L'EI profite de la confusion parmi les rebelles frappés par les Russes dans plusieurs provinces. Il a avancé sans qu'il ne soit inquiété par aucun raid", a dit le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

L'EI 'aux portes d'Alep'

L'EI a "pris le contrôle de vastes régions au nord d'Alep (...) et est aux portes d'Alep", lit-on dans un communiqué du groupe ultra radical qui s'est emparé de la moitié du territoire syrien et sévit également en Irak voisin.

Le groupe djihadiste se trouve désormais à une vingtaine de km d'Alep, notamment près de la zone industrielle de Cheikh Najjar qui ouvre directement sur la partie de la ville contrôlée par le régime.

"L'EI a annoncé à plusieurs reprises qu'il allait déclencher une offensive sur Alep, sans le faire. Il attendait le bon moment et a profité des frappes russes sur les rebelles pour avancer", explique Romain Caillet, un expert des mouvements djihadistes. "L’atout principal de l'EI c'est sa réactivité. Sa tactique militaire c'est de profiter des opportunités".

Pour Thomas Pierret, expert de l'islam en Syrie à l'université d'Édimbourg, "les Russes concentrent leurs attaques sur les rebelles et ne frappent que très marginalement l'EI".

La coalition dirigée par Washington et qui frappe les djihadistes depuis plus d'un an "n'est pas non plus très active contre l'EI dans cette région. La réactivité de l'EI est due à l'efficacité de sa chaîne de commandement et au dévouement de ses combattants", ajoute-t-il.

Un général iranien tué

Jeudi soir, la France a mené une deuxième frappe contre l'EI dans son fief de Raqa (nord-est). Elle a réitéré les critiques occidentales en affirmant que "80 à 90 %" des frappes russes ne ciblaient pas en priorité l'EI.

Selon l'OSDH, la frappe française a visé "un camp d'entraînement".

En lançant sa campagne aérienne, le Kremlin a annoncé qu'elle visait à combattre l'EI et "les autres groupes terroristes", terme par lequel il désigne tous les opposants d'Assad sur le terrain.

Sur un autre front de la province d'Alep, un haut commandant des Gardiens de la révolution iraniens, le général Hossein Hamedani, a été tué jeudi par l'EI selon Téhéran, principal allié régional de Damas qui a 7000 membres de cette armée d'élite en Syrie.

Forte des bombardements russes, mais aussi de l'appui crucial du Hezbollah libanais au sol, l'armée du régime a lancé mercredi une vaste offensive pour reprendre le territoire perdu, avançant dans des secteurs des provinces de Hama (centre) et de Lattaquié (ouest).

Le Kremlin a assuré que l'opération russe "se poursuivra tout au long de l'offensive des forces syriennes".

"La campagne vise en premier lieu à protéger le territoire du régime (à Hama et Lattaquié), puis de contre-attaquer pour reprendre Idleb en remontant vers le nord", selon l'OSDH. La province d'Idleb a été conquise entièrement par les rebelles et Al-Nosra.

L'un des enjeux est Sahl al-Ghab, une plaine stratégique à Hama où les insurgés avaient avancé, menaçant Lattaquié. Aujourd'hui, ces derniers sont bombardés par les Russes.

Déclenché en mars 2011 par une révolte populaire brutalement réprimée, le conflit en Syrie s'est mué en guerre ouverte qui a fait plus de 240 000 morts, poussé à la fuite plusieurs millions de Syriens et provoqué une grave crise migratoire.

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