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09/10/2015 17:24 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

Duceppe demande aux Québécois de lui donner la balance du pouvoir

GASPÉ,, Qc — Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, demande aux Québécois de lui donner la balance du pouvoir dans un éventuel gouvernement minoritaire.

«Ce qu'il faut pour le Québec, c'est que le Québec ait tout son poids à Ottawa et, dans un gouvernement minoritaire, ça prend une forte députation du Bloc pour avoir la balance du pouvoir», a-t-il déclaré vendredi matin devant une soixantaine de militants venus l'entendre à Baie-Saint-Paul.

Il s'agissait du premier arrêt d'un blitz régional aéroporté qui, dans la seule journée de vendredi, prévoyait des escales à Rimouski, Matane et Gaspé pour se conclure à Baie-Comeau.

Le même discours a été repris par le député péquiste Harold LeBel, venu prêter main-forte au chef bloquiste à Rimouski avec une quinzaine de partisans qu'il a invités à tabler sur la glissade des néo-démocrates.

«Il y a des amis ici qui se disent: fallait voter NPD pour sortir les conservateurs. Ce discours-là ne tient plus. C'est fini ce temps-là», a martelé le député de Rimouski à l'Assemblée nationale.

Gilles Duceppe a par ailleurs reproché à son adversaire néo-démocrate Thomas Mulcair de renier son prédécesseur Jack Layton en affirmant plus tôt dans la journée qu'il serait prêt à former une coalition formelle ou informelle pour déloger les conservateurs avec tout parti sauf le Bloc.

«Jack Layton n'avait pas eu cette attitude. En 2008, (Jack) Layton était venu me voir dans mon bureau à Montréal en me disant: pourquoi ne pas former une coalition?» a-t-il relaté. 

Le chef bloquiste a dit avoir refusé une telle alliance à l'époque, mais il avait accepté d'appuyer le Nouveau Parti démocratique et les libéraux alors dirigés par Stéphane Dion pour bloquer le budget du ministre des Finances conservateur Jim Flaherty.

«Mulcair vient de rompre avec Layton aujourd'hui», a laissé tomber le chef bloquiste.

«Quand on gratte un peu, on retrouve l'avocat d'Alliance Québec», a-t-il ajouté.

Niqab, oléoduc et assurance-emploi

Dans ses rencontres avec les petits groupes de militants, Gilles Duceppe a fait référence au niqab, allant jusqu'à dire que les journalistes «n'arrêtent pas de dire: vous en parlez toujours».

«Écoutez, on me pose des questions sur le niqab; attendez-vous à ce que je réponde», a-t-il ajouté. 

Or, c'est lui-même qui a soulevé le sujet à chacune de ses interventions, vendredi, incluant lors d'une rencontre avec la presse régionale à Rimouski.

Fait à noter, lors d'un passage au local de la candidate bloquiste Kédina Fleury-Samson, à Matane, on a pu constater que les bénévoles soulevaient aussi cette question en appelant des électeurs.

Gilles Duceppe a également choisi de marteler l'opposition du Bloc québécois à l'oléoduc Énergie Est et à l'accroissement du transport de pétrole par rail, évoquant systématiquement la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic.

Il a aussi dénoncé à chaque occasion l'actuel régime d'assurance-emploi, un discours qui porte dans des régions durement affectées par le chômage saisonnier et les constantes variations d'emploi dans des secteurs comme la forêt et les mines.

Le Bloc espère reconquérir certains sièges qu'il lui croyait acquis avant que le NPD ne vienne brouiller les cartes avec la «vague orange» de 2011.

Le blitz régional amorcé par son chef mènera celui-ci, outre Charlevoix, le Bas-du-Fleuve et la Gaspésie, sur la Côte-Nord, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Abitibi et dans les Hautes-Laurentides durant le long week-end de l'Action de grâce.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne