NOUVELLES
09/10/2015 00:01 EDT | Actualisé 08/10/2016 01:12 EDT

Donner un prix au carbone: l'idée fait son chemin chez les entreprises et les politiques (étude)

Un total de 40 pays et 20 villes, régions ou provinces ont déjà mis en place ou se préparent à mettre en place un prix du carbone pour pénaliser les activités très émettrices en gaz à effet de serre, même si les prix restent très bas, selon une étude internationale.

Quelque 12% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, jugés responsables du réchauffement climatique, sont couvertes par un système (taxe, marché des quotas, etc.) de prix du carbone, soit trois fois plus qu'il y a dix ans, détaille the New climate Economy (NCE), un projet de recherche international sur les conséquences économiques du changement climatique.

La Chine, l'Union européenne, la Corée du Sud, la Californie ou le Québec, ont ainsi mis en place une méthode de tarification du carbone.

Par ailleurs, "plus de 1.000 grandes entreprises et investisseurs soutiennent la mise en place d'un prix du carbone et 450 l'utilisent déjà en interne dans leurs décisions d'investissements, contre 150 en 2014", note l'étude.

Toutefois, "si ce mouvement est encourageant, les niveaux actuels des prix et la couverture des émissions qu'ils représentent sont toujours très bas", regrette le NCE.

Et pour cause, si les prix varient de 1 à 130 dollars la tonne en fonction des régions et des secteurs, la plupart des émissions couvertes le sont à un prix "inférieur à 10 dollars la tonne", soit un niveau "largement inférieur" à ce qui serait nécessaire pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés, objectif que s'est fixé la communauté internationale.

Il y a notamment encore des "inquiétudes" sur le fait qu'un prix du carbone pénaliserait la compétitivité économique, relève l'étude parmi les freins à des prix plus élevés.

De nombreux pays ont également introduit des "exemptions ou un traitement spécifique" pour certains secteurs industriels très émetteurs en gaz à effet de serre pour éviter de trop les pénaliser.

Pourtant, selon les données du NCE, la tarification du carbone "n'est pas un handicap pour la croissance économique", citant notamment le cas de la Suède, de la province canadienne de la Colombie Britannique, qui ont d'excellentes performances économiques.

Le NCE appelle donc tous les pays à "s'engager à introduire ou renforcer une tarification du carbone d'ici 2020".

Un prix moyen de 75 dollars la tonne en 2030 dans les pays développés et de 35 dollars dans les pays émergents, permettrait de réduire les émissions de CO2 entre 2,8 et 5,6 gigatonnes par an à cet horizon.

Le NCE préconise également la suppression des subventions aux énergies fossiles.

La fixations de mécanismes de tarification du carbone sera l'un des sujets majeurs de discussions lors de la conférence internationale sur le climat de Paris en décembre (COP21).

mhc/fka/chp/cls