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09/10/2015 16:35 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

Canada: les Amérindiens veulent être entendus dans la campagne

Quelques centaines de membres des Premières nations ont manifesté vendredi à Montréal pour exhorter les partis politiques à davantage prendre en compte les questions amérindiennes à 10 jours des élections législatives.

Aux sons des tambours et des chants traditionnels, des membres de plusieurs communautés autochtones de l'Est canadien ont défilé dans le centre de la métropole québécoise, dénonçant une campagne électorale qui, selon eux, les a complètement oubliés. "Les Premières Nations comptent", était-il ainsi placardé sur les banderoles.

"On ne peut pas nous ignorer encore longtemps, on est dans la situation ou la majorité de nos communautés vivent dans la misère. Nos jeunes vivent dans la pauvreté, dans des maisons surpeuplées", a dénoncé à l'AFP Constant Awashish, grand chef de la nation Atikamek.

Avec 1,4 million de personnes, dont une grande proportion de jeunes, les Amérindiens, Inuits et Métis représentent 4,3% de la population canadienne, mais leur taux de pauvreté est bien supérieur à la moyenne nationale.

"En 2015, il y a des communautés qui n'ont pas d'eau potable", a rappelé Mike McKenzie, chef de la nation innue d'Uashat mak Mani-utenam, soulignant que "les Premières Nations sont les premiers habitants d'Amérique du Nord. Depuis des millénaires on se bat pour faire reconnaître les droits et le titre d'aborigène".

Fin septembre, le chef de l'assemblée des Premières Nations (APN) au Canada, Perry Bellegarde, avait exhorté les leaders politiques canadiens à s'engager en faveur de la réduction des inégalités des autochtones.

Le parti libéral (centre) et le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) ont notamment promis devant les chefs des Premières nations de ratifier, en cas de victoire le 19 octobre, la déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones.

Le Canada avait été l'un des quatre pays -- avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis -- à voter contre ce texte lors de son adoption en 2007 par l'Assemblée générale des Nations unies.

Le gouvernement conservateur sortant juge que des articles de la déclaration de l'ONU sur les droits de ces populations pourraient être "interprétés de manière à donner un droit de veto aux groupes autochtones".

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