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09/10/2015 10:48 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

Assassinat au Burundi d'un gendre d'une figure de la défense des droits de l'Homme (médias)

Un gendre du célèbre défenseur burundais des droits de l'Homme, Pierre-Claver Mbonimpa, a été assassiné vendredi à Bujumbura par des inconnus, selon des médias burundais.

M. Mbonimpa a lui-même réchappé d'une tentative d'assassinat en août, attribuée à des partisans du pouvoir burundais. Il est depuis soigné à l'étranger et une partie de sa famille a pris le chemin de l'exil.

Pascal Nshimirimana, époux de Zygène, fille aînée de M. Mbonimpa, a été tué dans son véhicule, devant son domicile, selon ces médias, citant des témoignages.

Pascal Nshimirimana, le mari de Zygène, la fille de Mbonimpa, a été tué alors qu'il se trouvait dans son véhicule devant son domicile sis au Quartier 9 Ngagara (tout près de la maison de Gelase Ndabirabe, le porte-parole du CNDD-FDD, le parti au pouvoir).

"Une grenade a été lancée sur son véhicule avant qu'on ne lui tire dessus", a raconté SOS médias Burundi, un collectif de journalistes burundais indépendants.

Selon le journal indépendant Iwacu, le passager d'une moto a ouvert le feu et jeté une grenade sur le véhicule de la victime qui "est morte sur le champ".

Les assassins n'ont pas été identifiés, selon ces médias. Les mobiles de l'assassinat de Pascal Nshimirimana, commerçant, restent inconnus. Son épouse Zygène avait été menacée à plusieurs reprises, selon un proche.

Le Burundi a plongé dans une grave crise politique émaillée de violences depuis l'annonce fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un 3e mandat qui, selon l'opposition, la société civile et jusqu'à une partie de son propre camp, viole la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006).

Les autorités ont maté en mai une tentative de coup d'Etat militaire et étouffé un mois plus tard six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura. Mais depuis la réélection de M. Nkurunziza le 21 juillet, les violences se sont intensifiées, avec notamment des assassinats ciblés de figures des deux camps, des attaques contre la police et des exécutions sommaires.

M. Mbonimpa, figure reconnue de la société civile burundaise et en pointe dans la contestation contre le 3e mandat, avait été grièvement blessé d'une balle au visage le 3 août à Bujumbura, lorsque des hommes à motos avaient ouvert le feu sur sa voiture.

Cette tentative d'assassinat avait été vue comme des représailles au meurtre la veille dans une embuscade à la roquette du général Adolphe Nshimirimana, le patron, de facto, de la sécurité intérieure au Burundi (sans lien de parenté avec le gendre de M. Mbonimpa).

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