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09/10/2015 09:56 EDT | Actualisé 09/10/2016 01:12 EDT

Air France renoue le dialogue avec ses pilotes après les violences contre ses dirigeants

Quatre jours après les violences spectaculaires dont les images ont fait le tour du monde, Air France a renoué vendredi le dialogue avec les syndicats de pilotes lors d'une rencontre marquant le premier pas vers une reprise des négociations sur l'avenir de la compagnie.

L'enjeu est de parvenir à relancer des pourparlers sur des mesures de compétitivité susceptibles d'attténuer l'ampleur de la restructuration programmée par la direction, qui prévoit 2.900 suppressions de postes sur les deux ans à venir.

"Ca s'est très bien passé", a déclaré à l'AFP Philippe Evain, président du SNPL Air France, syndicat majoritaire chez les pilotes, à l'issue de la réunion. Une source proche de l'entreprise a aussi évoqué un climat "apaisé".

"On va continuer à travailler ensemble pour fixer le cadre des négociations à venir", a précisé Véronique Damon, une autre représentante du SNPL.

La rencontre s'est déroulée en présence du PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, du patron d'Air France, Frédéric Gagey, et du directeur des ressources humaines, Xavier Broseta, l'un des deux dirigeants du groupe agressés lundi par des manifestants en colère.

Etalées à la Une des médias internationaux, les images de M. Broseta et d'un autre haut cadre d'Air France, Pierre Plissonnier, fuyant vêtements en lambeaux la vindicte de salariés furieux, avaient suscité un concert d'indignation en France.

Exécrable depuis une grève de plusieurs semaines à l'automne 2014, le dialogue entre Air France et le SNPL était totalement rompu depuis le 30 septembre, quand la compagnie a acté "l'échec" de discussions sur l'allongement des temps de vol.

La direction réclamait des navigants qu'ils volent une centaine d'heures de plus par an, à salaire égal. Faute d'accord, elle a décidé de réduire l'activité sur le long-courrier, avec notamment 2.900 suppressions de postes (300 pilotes, 900 hôtesses et stewards, 1.700 au sol) prévues en 2016 et 2017.

Selon des sources syndicales, Air France donne désormais trois mois aux navigants pour parvenir à un accord sur de nouveaux efforts de productivité, en contrepartie duquel la direction serait prête à renoncer à des fermetures de lignes et des retraits d'avion.

Aucune indication claire n'a en revanche été apportée quant à la possibilité qu'un compromis permette de revenir sur une partie au moins des réductions d'effectifs envisagées.

Après les pilotes, la direction d'Air France doit rouvrir la semaine prochaine des discussions avec les autres catégories de personnel.

Plusieurs syndicats ont appelé vendredi à une intervention de l'Etat français, actionnaire à 17,6%, pour "trouver des solutions au blocage social". La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, qui a tutelle sur les Transports, a évoqué l'hypothèse d'un "médiateur", "si le dialogue est difficile à renouer".

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