POLITIQUE
08/10/2015 07:51 EDT | Actualisé 08/10/2015 07:53 EDT

Élections fédérales 2015: Un gouvernement minoritaire peut être très productif, rappelle un politologue

PC

Mieux vaut prévenir... Un professeur de science politique de l'Université de Colombie-Britannique publie cette semaine un article savant sur les gouvernements minoritaires ou de coalition, afin de démontrer que ces régimes peuvent s'avérer très productifs et accomplir en fait de grandes choses.

Maxwell Cameron, qui dirige le Centre d'études sur les institutions démocratiques à UBC, souhaitait donner l'heure juste dans la perspective bien réelle qu'aucun parti n'obtienne une majorité de sièges le 19 octobre prochain. Les trois principaux partis nationaux sont au coude à coude dans les sondages, naviguant plus ou moins dans la marge d'erreur, selon les périodes données de cette très longue campagne.

"En gros, cela laisse deux possibilités: un gouvernement minoritaire ou un gouvernement de coalition. Ces deux scénarios exigent de nos parlementaires collaboration et compromis", rappelle le professeur Cameron.

L'universitaire décrit ensuite comment ces types de régimes peuvent être tout à fait légitimes - et constituer une alternative tout à fait souhaitable aux gouvernements majoritaires, plus classiques au Canada.

"Les gouvernements minoritaires ou de coalition peuvent refléter davantage les intérêts d'une majorité de Canadiens en mettant l'accent sur la collaboration entre les partis plutôt que sur la polarisation, écrit-il. Une meilleure représentation des intérêts des Canadiens donne lieu à des politiques gouvernementales qui bénéficient à un plus large segment de la population."

Le professeur Cameron cite en exemple quelques gouvernements minoritaires qui ont bien tourné, même s'ils n'ont pas duré très longtemps. "Je rappellerai les deux gouvernements minoritaires consécutifs de Lester B. Pearson, dans les années 1960, qui nous ont légué le régime de pensions, l'assurance maladie, le bilinguisme et un nouveau drapeau canadien."

Il rappelle aussi que de l'avis de la plupart de ses collègues, le pouvoir au Canada est maintenant concentré de façon extrême entre les mains du premier ministre et de sa garde rapprochée (le cabinet du premier ministre), particulièrement depuis une dizaine d'années (sous Stephen Harper). Ce phénomène contribue à affaiblir le rôle du Parlement, soutient le professeur Cameron.

"Notre Parlement est l'un des moins 'performants' des démocraties occidentales - parce qu'il est de plus en plus contrôlé par les partis politiques. La plupart des votes (aux Communes) sont affranchis à la ligne du parti."

Les gouvernements minoritaires ou de coalition, fait remarquer le professeur Cameron, peuvent par contre pousser les chefs de parti à rechercher la coopération, pour le bien commun. Ou pour ne pas perdre la confiance du Parlement - et par le fait même: le pouvoir...

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