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08/10/2015 02:42 EDT | Actualisé 08/10/2015 03:40 EDT

Suicide de Rehtaeh Parsons: le rapport d'enquête souligne de graves erreurs

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Le rapport de l'enquêteur indépendant retenu par le gouvernement de la Nouvelle-Écosse dans la foulée de l'affaire Parsons, rendu public jeudi, fait état de plusieurs erreurs humaines et d'un manque de compréhension du phénomène de la cyberintimidation.

Rehtaeh Parsons est morte peu près une tentative de suicide, en 2013, à l'âge de 17 ans. Sa famille allègue qu'elle a été agressée sexuellement par quatre garçons lors d'une fête, en novembre 2011. Une photo avait été prise de l'incident et avait largement circulé dans son école.

L'ancien procureur général adjoint de l'Ontario, Murray Segal, avait été choisi par le gouvernement pour réviser les décisions prises par les services policiers et les procureurs, après qu'ils ont été saisis de l'affaire.

Selon lui, l'une des plus graves erreurs commises dans cette histoire est la décision d'un procureur de ne pas porter d'accusations. Au terme de l'enquête policière, un procureur aurait conclu qu'il n'était pas possible de porter des accusations de pornographie juvénile. Selon lui, on ne pouvait affirmer avec certitude que les gens sur la photo étaient des mineurs. C'est une mauvaise interprétation de la loi, selon Murray Segal.

Dans son rapport de 145 pages, Murray Segal déplore aussi le fait que l'enquête ait pris un an avant d'être complétée, alors qu'une adolescente vivait une situation de détresse.

Rehtaeh Parsons s'est rendue au service de police après avoir eu des idées suicidaires. La photo d'elle prise lors de la fête la montrait ayant des activités sexuelles avec un jeune homme pendant qu'elle vomissait. L'adolescente a dû raconter son histoire à deux personnes différentes, ce qui est une erreur, selon M. Segal. Elle n'aurait pas dû avoir à subir cela.

Il reproche aussi à la direction de l'école de ne pas avoir assez collaboré avec la police.

Recommandations

Murray Segal présente 17 recommandations au gouvernement, à la police et au service des poursuites pénales.

Ses recommandations portent sur l'amélioration des politiques et des procédures en matière de cyberintimidation, d'enquêtes sur des cas d'agression sexuelle et de poursuites. Il est aussi question du rôle et des responsabilités du gouvernement, du système scolaire, de la police et du service des poursuites pénales.

Malgré toutes les erreurs commises dans cette affaire, Murray Segal estime que tous les intervenants ont agi de bonne foi.

Un jeune homme de 20 ans a plaidé coupable à une accusation de distribution de pornographie juvénile en novembre dernier. Un deuxième jeune homme, de 20 ans également, a plaidé coupable à une accusation de fabrication de pornographie juvénile. C'est lui qui avait pris la photo de l'acte sexuel avec Rehtaeh Parsons.

La victime avait été profondément humiliée et avait subi du harcèlement intense après la distribution de cette photo numérique.

Les pouvoirs publics avaient d'abord jugé que l'incident ne méritait pas d'accusations au criminel. Mais après le tollé créé par l'affaire dans l'opinion publique, ils avaient fini par porter des accusations contre deux des garçons mis en cause.

L'enquête de Murray Segal n'a pu commencer avant que les procédures judiciaires soient terminées.

Avec les informations de Marilyn Marceau

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