DIVERTISSEMENT
08/10/2015 04:09 EDT | Actualisé 08/10/2015 04:11 EDT

Quoi voir au cinéma dès le 9 octobre 2015? (PHOTOS)

Brand New Images via Getty Images
Couple watching a movie in an empty cinema

Sortie au cinéma prévue? Découvrez les films à l'affiche cette semaine!

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:

Galerie photo Films de la semaine - 9 octobre 2015 Voyez les images

99 HOMES

États-Unis. 2015. 112 min.

Drame de Ramin Bahrani avec Andrew Garfield, Michael Shannon, Laura Dern, Clancy Brown, Tim Guinee, J.D. Evermore.

Dennis Nash, ouvrier du bâtiment floridien en défaut de paiement hypothécaire, est stupéfait de voir un juge ordonner la saisie de la maison qu'il habite, et où il est né. Dès le lendemain matin, les policiers sonnent à sa porte, accompagnés de Rick Carver, courtier immobilier chargé par la cour de faire exécuter le mandat d'expulsion. Avec quelques effets personnels jetés pêle-mêle dans sa camionnette, Dennis escorte son fils de dix ans et sa mère coiffeuse dans un motel, d'où les trois naufragés de la crise économique espèrent entreprendre les démarches nécessaires pour récupérer leur bien. Mais le labyrinthe juridique semble impossible à traverser, à l'avantage de Carver, qui fait fortune dans la revente de propriétés saisies. Pressentant le potentiel de l'ouvrier, le courtier opportuniste lui confie au noir les travaux de réfection de plusieurs propriétés. L'argent gagné permet à la petite famille de reprendre espoir. Mais à chaque jour qui passe, l'emprise de Carver sur Dennis se raffermit.

Cette production à la fois vibrante et solennelle veut rendre compte de l'impact sur la classe moyenne de la crise immobilière déclenchée en 2008. Si les moyens entrepris (dont une opposition diable-ange) peuvent sembler un peu trop faciles ou certains développements trop démonstratifs, le suspense est soutenu et la distribution de première qualité.

HE NAMED ME MALALA

États-Unis. 2015. 87 min.

Documentaire de Davis Guggenheim.

Pakistan, 1997. Ziauddin Yousafzai, professeur dans une école qu'il a lui-même construite, donne à sa fille le prénom Malala, en hommage à la combattante afghane qui, en 1880, inspira les rebelles Pachtounes à lutter contre les troupes britanniques. Malala est écolière à Mingora, dans la vallée du Swat au Pakistan, lorsque les talibans imposent leur régime de terreur, sous la houlette du Mollah Fazlullah. À travers un blogue hébergé par la BBC, elle se fait connaître comme militante pour le droit des filles de son pays à l'éducation. Le 9 octobre 2012, les talibans, déterminés à la faire taire, lui tirent une balle dans le front alors qu'elle est assise dans un bus scolaire. Miraculeusement, Malala survit à l'attentat, conservant néanmoins quelques séquelles sur le côté gauche de son visage. Avec son père, sa mère et ses deux frères, elle s'établit en Grande-Bretagne, où elle poursuit avec détermination son combat pour l'égalité, combat qui sera récompensé du prix Nobel de la Paix en 2014.

Se concentrant sur l'influence de son père sur Malala, Davis Guggenheim signe un portrait intimiste mais superficiel de cette jeune fille au destin et au quotidien singuliers. Ponctuée par d'harmonieuses séquences animées, la mise en scène, parfois racoleuse, permet pourtant à la personnalité intègre et rigoureuse de Malala de prendre le dessus.

HYENA ROAD - LE CHEMIN DU COMBAT

Canada. 2015. 120 min.

Drame de guerre de Paul Gross avec Rossif Sutherland, Paul Gross, Clark Johnson, Allan Hawco, David Richmond-Peck, Jennifer Pudavick.

Détaché en Afghanistan, le bataillon canado-américain auquel appartient Ryan, un tireur d'élite, est pris en embuscade par des combattants talibans. Ils ne s'en sortiront que grâce à l'aide d'un vieil homme qui, mystérieusement, leur offre protection sous son toit. Revenu à sa base, Ryan retrouve ses supérieurs, qui préparent la cérémonie d'inauguration de la route Hyena, une jonction d'autoroute essentielle pour la poursuite des combats. Il retrouve également Jennifer, une commandante dont il est amoureux. Mais il est aussi pris à part par Pete Mitchell, agent du renseignement canadien, intrigué par une particularité du vieillard remarquée par le soldat: il a en effet les yeux pers, comme ceux du "lion du désert", aussi appelé "Le Fantôme", un combattant moudjahidine qui assura sa légende en combattant les Russes et dont la rumeur publique assure qu'il est de retour. Grâce à différents contacts et informateurs, les deux hommes retrouvent sa trace et tentent d'obtenir sa collaboration dans leur lutte contre les talibans.

Paul Gross (PASSCHENDAELE) plonge de nouveau au coeur de la guerre avec une caméra heurtée et une photographie aux accents documentaires. Hélas, les effets de style racoleurs, ainsi que le récit manichéen, transforment l'ensemble en film de genre à grosses ficelles. Face au charismatique Gross, Rossif Sutherland se montre aussi expressif qu'un bâton de bois.

KNOCK KNOCK

États-Unis. 2015. 99 min.

Thriller de Eli Roth avec Keanu Reeves, Lorenza Izzo, Ana de Armas, Ignacia Allamand, Aaron Burns, Colleen Camp.

Un architecte, marié et père de deux enfants, profite d'un rare week-end de solitude pour travailler sur son nouveau projet. Mais sa tranquillité est interrompue par l'arrivée, durant une nuit d'orage, de deux jeunes femmes qui frappent à sa porte, court-vêtues, trempées et complètement perdues. Promettant de partir dès l'arrivée de leur taxi, les deux invitées profitent de l'intervalle pour flirter de plus en plus ouvertement avec leur hôte qui, après avoir résisté un temps à leurs avances, finit par y céder complètement. S'amorce ainsi une soirée de séduction, de jeux de rôles et de revirements, aux conséquences imprévisibles et violentes.

Ce thriller racoleur mêle maladroitement sexe, suspense et satire sociale au fil d'une intrigue de plus en plus invraisemblable. En fausses innocentes, Lorenza Izzo et Ana de Armas, prêtent humour et mordant à cet exercice de style puéril mais soigné, qui n'a ni l'intelligence, ni l'habileté de ses ambitions.

LE MONDE DE NATHAN

États-Unis. 2015. 113 min.

Drame psychologique de Morgan Matthews avec Asa Butterfield, Sally Hawkins, Rafe Spall, Jo Yang, Eddie Marsan, Edward Baker-Close, Martin McCann.

Depuis la mort de son père dans un accident de voiture dont lui-même est sorti indemne, Nathan Ellis, autiste anglais, refuse toute marque d'affection de la part de sa mère Julie. Afin de stimuler le don exceptionnel du gamin pour les mathématiques, celle-ci fait appel aux services de Martin Humphreys, un enseignant souffrant de scléroses multiples. Parvenu à l'adolescence, Nathan est encouragé par son tuteur à joindre une équipe de jeunes compatriotes, sélectionnés pour participer aux Olympiades internationales de mathématiques, qui se tiendront à Londres dans quelques semaines. Malgré ses phobies et son comportement asocial, le garçon s'envole pour Taïwan, où l'équipe prend part à des séances préparatoires. Sur place, il est jumelé à Zhang Mei, la nièce de l'entraîneur de la formation chinoise, qui en pince pour lui. Pendant ce temps, en Angleterre, Julie entame une relation amoureuse avec Martin, qui a enfin décidé de vaincre ses démons intérieurs.

Auteur d'un documentaire sur ces Olympiades, Morgan Matthews s'en est inspiré pour son premier long métrage de fiction. Résultat: un récit d'apprentissage un peu verbeux mais captivant, mis en images de manière parfois inventive et atmosphérique, peuplé de personnages complexes et attachants, défendus par des interprètes de talent.

PAN

États-Unis. 2015. 111 min.

Comédie fantaisiste de Joe Wright avec Levi Miller, Garrett Hedlund, Hugh Jackman, Rooney Mara, Adeel Akhtar, Lewis MacDougall, Amanda Seyfried, Cara Delevingne, Kathy Burke.

Alors que les avions allemands font pleuvoir les bombes sur Londres, Peter, 12 ans, s'introduit dans le bureau de la sinistre directrice de son orphelinat. Il y trouve une lettre dans laquelle sa mère promet de revenir le chercher. Mais peu après, le garçon est enlevé par des pirates, puis transporté dans un pays imaginaire. Il a en fait été vendu au redoutable Barbe-Noire, qui exploite les orphelins pour extraire dans une mine des roches contenant de le poudre de fée, un sédiment assurant la jeunesse éternelle. Se découvrant le pouvoir de voler après avoir été poussé dans le vide par le cruel pirate, Peter s'évade sur un vaisseau aérien en compagnie de Hook, un prisonnier parvenu à l'âge adulte. Atterrissant en catastrophe dans une vaste forêt, ils sont capturés par une tribu de guerriers méfiants. Mais quand la fille du chef, Tiger Lily, aperçoit au cou de Peter un pendentif à l'effigie d'une flûte de Pan, elle pressent qu'il s'agit de celui qui, selon la prophétie, les délivrera de l'emprise de Barbe-Noire.

Le réalisateur d'ATONEMENT et ANNA KARENINA surprend de nouveau avec cette genèse très libre du personnage de Peter Pan. Hormis quelques fautes de goût et une romance insipide entre deux personnages secondaires, l'ensemble impressionne par sa réalisation ample, vigoureuse, et son invention visuelle. Le nouveau venu Levi Miller est crédible dans le rôle-titre.

LE PAYS QUI DIT NON

Canada. 2015. 52 min.

Documentaire de Hélène Pichette.

De ses positions pro-Israël à son retrait du protocole de Kyoto en passant par ses coupures dans les programmes d'aide humanitaire, le gouvernement de Stephen Harper a rompu avec l'image de pacificateur longtemps associée au Canada.

LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT

Belgique. 2015. 113 min.

Comédie fantaisiste de Jaco Van Dormael avec Pili Groyne, Benoît Poelvoorde, Marco Lorenzini, Yolande Moreau, Laura Verlinden, Serge Larivière, Didier De Neck, François Damiens, Catherine Deneuve, Romain Gelin.

Dieu habite avec sa femme et sa fille dans un immeuble glauque à Bruxelles. Mais il ne correspond pas à l'Être suprême des Saintes Écritures. Au contraire: c'est un Dieu sadique, râleur et égoïste, qui travaille dans la joie au malheur de l'Humanité. Enfermé dans son bureau tristounet, le Tout-Puissant, vêtu de son peignoir troué et de ses savates miteuses, passe en effet ses journées à faire des misères à tous ceux qui l'entourent. Lasse de toutes ces mesquineries, son adorable fillette, Éa, décide de réveiller l'Humanité en envoyant par SMS les dates et heures précises de leur décès à tous les habitants de la planète. Puis elle part en quête d'apôtres flambant neufs pour écrire un Tout Nouveau Testament. Histoire de redémarrer le monde sur des bases plus saines...

Cette relecture fantaisiste des fondements du catholicisme est inégale mais d'une rare originalité. Le meilleur y côtoie le pire au fil d'un scénario un peu bordélique, qui se regarde comme une série de sketches souvent jouissifs, habilement défendus par la petite Pili Groyne (DEUX JOURS, UNE NUIT), mémorable en soeur méconnue du Christ.

TOUT PEUT CHANGER

États-Unis. 2015. 89 min.

Documentaire de Avi Lewis.

La journaliste et auteure Naomi Klein va à la rencontre de diverses populations de la planète victimes des méfaits d'une prospection pétrolière incontrôlée, cause première du réchauffement climatique.

Cette illustration du livre de Naomi Klein par son complice Avi Lewis (THE TAKE) propose une synthèse claire d'éléments connus, sous un angle historique par ailleurs inédit. Ce vibrant appel à l'engagement citoyen bénéficie d'un attrayant habillage visuel, mais prend aussi par moments des allures de reportage convenu et un brin racoleur.

VILLE-MARIE

Canada. 2015. 100 min.

Drame psychologique de Guy Édoin avec Pascale Bussières, Monica Bellucci, Aliocha Schneider, Patrick Hivon, Louis Champagne, Frédéric Gilles, Stéphanie Labbé, Mikhail Ahooja, Marie-Évelyne Lessard, Sandrine Bisson, Nathalie Gascon.

À l'arrêt d'autobus, Thomas Bernard assiste, impuissant, au suicide d'une jeune mère. Ébranlé, l'étudiant en architecture oublie son projet de se rendre à l'aéroport pour accueillir sa mère Sophie Bernard, grande actrice française de passage à Montréal pour le tournage d'un film réalisé par un ancien amant. Tandis que Sophie tente d'entrer en contact avec son fils, qu'elle n'a pas vu depuis trois ans, à l'hôpital Ville-Marie, l'infirmière Marie Santerre réconforte les ambulanciers Pierre et Benoît, qui n'ont pas réussi à sauver la désespérée à l'arrêt d'autobus. Dans les heures qui suivent, Marie, femme blessée, poursuit sa fuite en avant en enchaînant les quarts de travail. Le lendemain, Sophie retrouve enfin Thomas, et l'invite à un dîner d'anniversaire en tête-à-tête. En guise de cadeau, celui-ci demande à sa mère de lui révéler l'identité de son père, qu'il n'a jamais connu. Or, la réponse se trouve dans le film qu'elle est en train de tourner.

La première partie, où le cinéaste définit son territoire et campe ses personnages, est exaltante. Mais le film perd un peu de son élan au mitan, sous le poids d'un exercice de style almodovarien qui manque de folie. Sur le versant naturaliste, Édoin reprend de la force, soutenu par la composition parfaite de Pascale Bussières.