NOUVELLES
08/10/2015 08:17 EDT | Actualisé 08/10/2015 11:04 EDT

L'Otan s'inquiète de l'«escalade» militaire russe en Syrie

L'Otan a qualifié jeudi d'"escalade inquiétante" l'engagement militaire russe en Syrie, exhortant à nouveau Moscou à cesser de soutenir le régime de Bachar al-Assad, et s'est dite prête à défendre chacun de ses membres, "y compris la Turquie".

"En Syrie, nous avons observé une escalade inquiétante des activités militaires russes", a déclaré son secrétaire général, Jens Stoltenberg, au début d'une réunion des 28 ministres de l'Otan à Bruxelles.

"Ceci est particulièrement pertinent au regard des violations récentes de l'espace aérien de l'Otan par des avions russes", a noté M. Stoltenberg après que la Turquie a dénoncé des incursions aériennes russes à la frontière turco-syrienne.

Évoquant les "défis" rencontrés par l'Otan, tels que la crise en Ukraine ou la menace terroriste, M. Stoltenberg a affirmé devant les ministres que "la situation se complique encore avec les actions militaires russes en Syrie".

L'Otan a déployé des missiles Patriot en Turquie pour éviter que le conflit en Syrie ne déborde sur le territoire de cet important allié, mais ces batteries doivent en principe être retirées d'ici à la fin de l'année.

"L'Otan est capable et prête à défendre tous ses alliés, y compris la Turquie, contre tout type de menaces", a réitéré le patron de l'alliance.

Parallèlement, M. Stoltenberg a plaidé pour des "initiatives afin de trouver une solution politique à la crise en Syrie".

Offensive terrestre

Prévue de longue date, la réunion des ministres de la Défense de l'Otan est dominée par la guerre en Syrie, même si l'Otan n'y est pas collectivement impliquée.

Elle se tient au moment où les tensions s'accroissent avec Moscou, dont l'intervention militaire a permis à l'armée du président Assad de lancer une vaste offensive terrestre.

Depuis le début, le 30 septembre, de son intervention militaire en Syrie, la Russie a effectué des bombardements depuis des avions de combat et des croiseurs en mer Caspienne mais n'a pas engagé de troupes au sol.

"Ce qui m'inquiète, c'est que les Russes ne visent pas principalement l'EI (l'organisation extrémiste État islamique, ndlr) mais qu'ils ciblent d'autres groupes de l'opposition et qu'ils soutiennent le régime", a répliqué M. Stoltenberg.

"J'appelle la Russie à jouer un rôle constructif dans la lutte contre l'EI et à ne pas continuer à soutenir le régime al-Assad, car un tel soutien ne constitue pas une contribution constructive à une solution pacifique et durable en Syrie", a-t-il plaidé.

Washington, à la tête d'une coalition qui combat les djihadistes du groupe État islamique, a redit mercredi ne pas coopérer avec la Russie sur les bombardements aériens qu'elle mène en Syrie, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter les qualifiant d'"erreur fondamentale".

Réactivité

Les ministres doivent également évoquer le renforcement de la "réactivité" de l'Alliance décidée il y a un an.

Dans ce cadre, le ministre britannique Michael Fallon a annoncé à Bruxelles que Londres avait décidé d'envoyer un petit contingent de militaires dans les Pays baltes. Il s'agit d'un déploiement à long terme, sur une base rotatoire, mais qui n'est pas qualifié de "permanent", car cela contreviendrait à l'accord-cadre signé en 1997 par l'Otan et la Russie.

Les ministres devraient en outre approuver la création de deux nouveaux petits quartiers généraux en Slovaquie et en Hongrie, qui s'ajouteront aux six déjà mis sur pied dans d'autres pays d'Europe orientale, rendus inquiets par l'interventionnisme russe en Ukraine.

Enfin, la détérioration de la situation sécuritaire en Afghanistan s'est invitée à l'agenda de la réunion. L'Otan dispose toujours dans le pays de troupes de soutien à l'armée afghane, en principe jusqu'à la fin de 2016.

La ministre allemande Ursula von der Leyen a estimé que les alliés devaient à présent examiner la prolongation de cette mission. Les talibans avaient réussi à s'emparer brièvement de la ville de Kunduz (nord) la semaine dernière, démontrant que l'armée afghane n'était pas encore prête à leur tenir tête.