POLITIQUE
08/10/2015 09:09 EDT | Actualisé 08/10/2015 09:10 EDT

Élections fédérales 2015: Justin Trudeau voit d'un bon oeil de possibles investissements étrangers dans Bombardier

PC/Paul Chiasson

La perspective que Bombardier ouvre la porte à des investissements étrangers n'effraie pas le chef du Parti libéral du Canada. Jeudi, Justin Trudeau s'est dit ouvert à cette possibilité, tant et aussi longtemps que cela ne mettait pas en péril les intérêts des Canadiens.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a fait entendre un son de cloche différent. Selon lui, les secteurs de l'aérospatiale de même que celui de l'automobile doivent être protégés au Canada.

L'avenir de Bombardier a ainsi rebondi dans la campagne électorale fédérale deux jours après que Reuters eut révélé que le géant canadien avait discuté avec des investisseurs chinois. L'agence de presse affirme en outre que les échanges entre Bombardier et des investisseurs chinois, non identifiés, se sont terminés il y a environ un mois.

En vertu des règles en vigueur au Canada, il faut que les autorités canadiennes examinent une possible transaction impliquant des investisseurs étrangers afin de l'approuver, ou de la rejeter, selon le cas.

Bombardier avait également entrepris des discussions avec Airbus, des pourparlers qui ont finalement échoué. Airbus avait en effet mis un terme à ces pourparlers après qu'il eut été révélé que Bombardier avait mis sur la table une proposition pour nouer une telle alliance.

La CSeries et son destin troublé

Ces turbulences surviennent à un moment passablement critique pour Bombardier, qui éprouve quantité de difficultés avec la CSeries, un avion commercial pouvant transporter de 110 à 160 passagers.

La société basée à Montréal compte toujours livrer ses premiers CSeries dans la première moitié de 2016. Mais à la fin du mois de juillet, son grand patron, Alain Bellemare, avait tempéré la cible des 300 commandes fermes que s'était fixée l'entreprise d'ici les premières livraisons. « Je ne veux pas dire que cet objectif était mauvais, avait alors dit M. Bellemare, qui est aux commandes de la société depuis février 2015. Nous avons simplement atteint un point où cela ne compte plus vraiment, pour être honnête avec vous. »

La fin de la CSeries est-elle proche?

Maintenant qu'il est connu que Bombardier n'a pas réussi à convaincre Airbus d'acheter une participation majoritaire, les craintes entourant l'avenir de la multinationale québécoise se font plus vives. Ainsi, l'analyste Richard Aboulafia, de la firme américaine Teal Groupe, estime que Bombardier devrait tout simplement mettre fin au développement de la CSeries. « Sinon, dit-il, les pertes vont s'aggraver et vont mettre en péril la compagnie ».

Karl Moore, un professeur associé en stratégie et leadership à l'Université McGill, croit que Bombardier pourrait vendre une participation majoritaire de sa division ferroviaire, mais serait très étonné de voir le président et chef de la direction, Alain Bellemare, jeter l'éponge pour ce qui est de la CSeries.

Une période névralgique pour Bombardier

Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, estime que la compagnie entre dans une période névralgique, où elle doit « rétablir à la fois la confiance des investisseurs et celle des clients ».

De son côté, le gouvernement du Québec répète depuis plusieurs mois qu'il serait toujours présent si Bombardier avait besoin d'aide afin de maintenir le siège social dans la province et préserver des emplois.

L'entreprise n'a pas commenté, mais son président des avions commerciaux, Fred Cromer, a expliqué aux employés, dans une note, que l'approche tentée auprès d'Airbus ne devait pas les surprendre.

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