BIEN-ÊTRE
08/10/2015 03:13 EDT | Actualisé 12/10/2015 06:00 EDT

Festival Burlesque de Montréal: la leçon de sensualité burlesque de Scarlett James (VIDÉO)

Le 7ème Festival Montréal Burlesque se déroulera du 15 au 18 octobre prochain au Club Soda. En attendant, entretien avec Scarlett James, organisatrice de l'événement, artiste et entrepreneure accomplie, dont le nom de scène s’inspire de Scarlett O’Hara et de James Bond. Elle s’est livrée au jeu de l’entrevue et nous raconte ses premiers pas dans le burlesque tout en nous confiant sa vision de la féminité, de la beauté et de la sensualité.

Racontez-nous votre histoire avec le burlesque?

C’était en 2007 à Montréal. Des amis m’ont emmenée voir un spectacle amateur et j’ai eu une véritable révélation. Cette sensualité suggestive, cette façon de faire la cours à travers des numéros, cette ambiance : c’était incroyable! Je me suis tout de suite dit, « mon dieu c’est génial, il faut emmener cet art à un autre niveau pour le partager au grand public ». Quelques mois après, j’ai créé mon premier numéro, très glam, avec des plumes, des paillettes, du blanc : ça brillait de mille feux! C’était une première à Montréal et ça a marché! Puis, en 2009, j’ai lancé le premier Montréal Burlesque Festival. Après 7 ans de travail acharné, je commence enfin à trouver mon équilibre!

Quelle période du burlesque préférez-vous?

Je l’aime aujourd’hui. Je suis une performeuse intemporelle : j’allie le moderne, l’ancien et l’authentique. Ce qu’il y a de fou avec le burlesque, c’est qu’il n’y a aucune barrière. C’est un art qui a ouvert une porte à une catégorie de gens qui voulaient s’exprimer et s’épanouir sur scène, sans préjugés et librement. Tout est dans la création et dans l’idée de célébrer la femme de façon drôle et légère.

Justement, parlez-nous de la femme que vous devenez sur scène.

C’est une facette de ma personnalité sur laquelle je mets l’emphase. C’est mon rêve de petite fille qui se réalise. Enfant, j’adorais les poupées Barbie et les talons hauts, je pouvais regarder ma mère pendant des heures se faire belle. Je lui piquais sa lingerie aussi. Quand Dalida passait à la télévision, je courrais pour aller la voir. Quand j’arrive sur scène, tout ça se mélange. C’est simplement le rêve d’être pour un moment cette femme fatale, irrésistible, « vamp »... Je crée un instant de rêve inspirant.

Et que se passe-t-il lorsque vous quittez le rêve?

Je deviens une femme normale, mais toujours sophistiquée. Si je devais choisir une image, ce serait une couverture de Vogue des années 1940, pas vraiment pin-up, mais chic.

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Qui sont vos icônes?

Carmen Dell'Orefice et Jack Nicholson sont mes idoles! Ils incarnent à la perfection le cool et le sophistiqué. Je suis aussi très sensible à l’univers de Dalida, Marylin Monroe, Lili St-Cyr, Brigitte Bardot et Michel Sardou. Michelle Obama aussi! Elle a une classe folle et elle inspire le respect et la différence.

Comment aborde-t-on la séduction lorsque l’on est une vedette du burlesque?

La séduction est un trait de caractère en ce qui me concerne. Je l’applique tous les jours avec les hommes et les femmes!

Quels conseils donneriez-vous aux femmes pour pimenter leur sensualité?

Je crois que les Québécoises doivent laisser une chance aux hommes de redevenir des « gentlemen ». Mesdames, ne vous sentez pas offensées si on vous tient la porte! On sait que vous êtes capables de l’ouvrir toute seule! S’assouplir et accepter les gestes de galanterie sont des premiers pas essentiels pour ré entamer le jeu de la séduction. Ensuite, osez la suggestion. Ne montrez rien, mais créez une idée dans la tête de votre partenaire. Et allumez une lumière tamisée au moment opportun. Voir, c’est capital.

Quelle est votre vision de la beauté?

Toutes les femmes sont belles! Le meilleur truc pour accepter sa féminité est de se regarder dans le miroir et de mettre l’accent sur ce que l’on préfère chez soi. Les mains, les yeux : How do you rock? La beauté vient de l’intérieur aussi. Comme disaient les Grecs, il faut avoir « un esprit sain dans un corps sain ». Il est important de prendre soin de soi. Le corps est une machine et dans mon cas, mon outil de travail, j’y fais donc attention.

Comment entretenez-vous votre ligne d’ailleurs?

J’ai un entraîneur privé (Yves Francoeur) qui vient chez moi deux fois par semaine et je suis des cours de danse Ballroom au Centre Ballroom Dance Sport, à Westmount. Je fais aussi du yoga une fois par semaine au Moksha Yoga.

Avez-vous des secrets de beauté à partager avec nous?

Les bases : toujours se démaquiller avant d’aller se coucher, bien nettoyer sa peau et la protéger du soleil. Nettoyer régulièrement ses pinceaux de maquillage aussi! Pour mes cheveux, j’aime utiliser de l’huile de noix de coco et j’achète des capsules de gel de silicium chez Rachel Berry.

Finalement, le burlesque vous a-t-il permis d’accepter davantage votre féminité?

Bien sûr! Comme n’importe quelle femme, j’avais des complexes. Comment séduire quelqu’un ou son public avec un numéro sensuel si l’on n’a pas d’estime de soi? Cette acceptation vient beaucoup avec l’âge je trouve : on devient une personne riche d’expériences, plus profonde. Il faut s’aimer soi-même, on ne peut pas donner sinon. Au-delà de la féminité, le burlesque m’a aussi permis de m’accomplir en tant que femme d’affaires. Depuis le début, je crée mes costumes, j’assure la production de mes spectacles, je gère le booking d’artistes, la comptabilité, le marketing : je touche à tout. Aujourd’hui, je suis aussi épanouie dans mon côté artistique qu’entrepreneurial.

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