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07/10/2015 14:31 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Une chercheuse du Nouveau-Brunswick veut pouvoir retracer les cyberpirates

FREDERICTON — Une chercheuse du Nouveau-Brunswick souhaite trouver des moyens pour retracer les cyberpirates qui tentent de soutirer de l'argent ou les informations personnelles des internautes.

Natalia Stakhanova, professeure au Centre d'excellence sur la sécurité de l'information de l'Université du Nouveau-Brunswick, estime que l'utilisateur typique offre généralement plusieurs possibilités de fraude aux individus malveillants.

Mme Stakhanova vient d'entamer un projet de recherche de cinq ans visant à déterminer le profil numérique des gens qui conçoivent des logiciels malveillants.

Elle se concentre principalement sur le système binaire des logiciels déjà existants pour avoir des indices sur la source du problème et sur les outils utilisés par les cyberpirates pour les propager.

Son équipe souhaite aussi préciser si les cyberattaques étudiées sont dirigées vers des individus en particulier ou si elles sont plutôt aléatoires.

Si tout va bien, les chercheurs pourront savoir qui est l'individu qui a créé ces logiciels, pourquoi et comment il l'a fait et quelle est son origine, a expliqué Mme Stakhanova.

«Cela va probablement nous prendre du temps», a-t-elle reconnu.

Selon une étude du groupe Intel Security réalisée en 2014, les coûts annuels de la cybercriminalité dans le monde sont de 400 milliards $ US (plus de 521 milliards $ CAN). 

Dans les dernières années, le nombre d'attaques informatiques contre les grandes entreprises se sont multipliées. Des logiciels malveillants sur les sites de Target et Home Depot, notamment, ont permis aux pirates d'avoir accès aux informations personnelles des clients.

Le directeur des ventes de services techniques chez Intel Security Canada, Doug Cooke, croit que le travail de spécialistes comme celui de Natalia Stakhanova est très important.

«S'ils commencent à comprendre les caractéristiques de ces gens ou ce qui les motive, alors peut-être que nous pourrons les retracer plus facilement et aider à diminuer (les cas)», a-t-il expliqué.

M. Cooke a souligné que les techniques des cyberpirates étaient de plus en plus sophistiquées. Ainsi, ils peuvent produire rapidement une variante de leurs logiciels lorsque les versions plus anciennes ont été détectées par les autorités.

Selon lui, 400 millions de logiciels malveillants différents ont été détectés dans le monde.

Un rapport de McAfee Labs Threats publié en août 2015 note que la menace pèse désormais sur toutes les plateformes utilisées pour naviguer sur Internet, dont les téléphones intelligents et les tablettes.

«L'adoption des "clouds" (nuages de données) a changé la nature de certaines attaques. Les appareils ne sont pas attaqués pour les quelques données qu'ils contiennent, mais ils sont (utilisés) pour paver la voie à un plus grand nombre de données importantes», est-il écrit dans le rapport.

La Presse Canadienne